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Note de l'Insee : La fréquentation des hébergements collectifs touristiques de France métropolitaine recule de 1,4 % en 2014. Elle n’augmente, légèrement, que dans les campings.

Suivant un mouvement amorcé en 2011, les nuitées des touristes résidant en France continuent de baisser dans la plupart des hébergements collectifs, concurrencés par d’autres destinations et d’autres modes d’hébergement.

Contrairement aux années précédentes, les touristes non résidents ne prennent pas le relais (- 1,2 %). Dans l’hôtellerie, le brusque repli de la clientèle russe pèse sur le bilan global ; les clientèles extra-européennes représentent une part toujours croissante des nuitées, malgré la poursuite du repli des touristes japonais. La légère hausse de fréquentation des campings est quant à elle portée par les résidents.

Le bilan de l’année est positif pour les campings du littoral, les résidences de tourisme de l’agglomération parisienne et les différents hébergements des côtes normandes. Le taux d’occupation tend à progresser avec le niveau de confort, dans les hôtels et surtout dans les campings. Les établissements non classés s’en sortent plus difficilement.

Les nuitées n'augmentent, légèrement, que dans les campings

En 2014, en France métropolitaine, la fréquentation en nuitées des hébergements collectifs touristiques - qui n’incluent pas les hébergements proposés par des particuliers - diminue globalement de 1,4 %. Selon des résultats provisoires d’Eurostat, la situation serait analogue en Italie, tandis que les nuitées augmenteraient d’environ 3 % en Espagne et en Allemagne.

La baisse en France métropolitaine concerne tous les types d’hébergements à l’exception des campings ; pour ces derniers, les nuitées sont en légère hausse (figure 1). Le repli global de fréquentation est un peu moins marqué de la part des touristes résidant à l’étranger (- 1,2 %) que de celle des touristes résidant en France (- 1,5 %). Ces derniers ne limitent pas pour autant leurs départs : ils se tournent davantage vers d’autres modes d’hébergement et surtout vers d’autres pays (cf. enquête Suivi de la Demande Touristique, DGE-Banque de France).

Figure 1 - Fréquentation des hébergements collectifs en France métropolitaine
  Nuitées* Durée moyenne de séjour (en jours)
2014 Évolution 2013***-2014 (en %)
Nombre (en millions) Part des étrangers (en %) Total Français Étrangers
* Voir définitions.
** Période de mai à septembre.
*** Les données de fréquentation des hôtels et des campings pour l'année 2013 ont été rétropolées pour être comparables à celles de 2014.
Sources : Insee en partenariat avec la DGE et des partenaires territoriaux, enquêtes EFH, EFHPA et EFAHCT.
Hôtels 198,4 36,7 -1,5 -2,2 -0,3 1,8
Résidences de tourisme, hôtelières 67,0 26,4 -2,0 -0,9 -5,1 4,4
Villages-vacances, maisons familiales, auberges de jeunesse, centres sportifs 23,3 12,8 -6,4 -8,5 10,2 4,3
Campings** 109,7 33,4 0,3 1,4 -1,8 5,3
Emplacements nus 57,9 42,0 -1,9 -1,6 -2,3 4,4
Emplacements équipés 51,9 76,3 2,9 4,0 -0,8 6,8
Ensemble des hébergements collectifs 398,4 32,7 -1,4 -1,5 -1,2 2,6

Dans l’hôtellerie, qui assure la moitié des 398 millions de nuitées en hébergement collectif, la baisse de 1,5 % représente 3 millions de nuitées. La fréquentation française poursuit son repli, mais de manière atténuée (- 2,2 %, soit - 2,8 millions de nuitées, après - 2,8 % en 2013) (figure 2a). La fréquentation étrangère se tasse (- 0,3 %) après quatre années de hausse. Les non-résidents représentent 37 % des nuitées ; cette proportion gagne un demi point sur un an et près de trois points par rapport à 2010.

Figure 2a - Évolution du nombre de nuitées* dans les hôtels depuis 2003

Dans les campings (110 millions de nuitées de mai à septembre inclus), la hausse de fréquentation ralentit : + 0,3 %, après + 2,5 % en 2013 (figure 2b). Elle est tirée par les touristes français (+ 1,4 %), alors que la clientèle étrangère, qui représente un tiers des nuitées, se replie : - 1,8 % après la forte hausse de 2013 (+ 5,0 %).

Figure 2b - Évolution du nombre de nuitées* dans les campings depuis 2003

La fréquentation des résidences de tourisme et hôtelières marque le pas (- 2,0 %), du fait d’une forte baisse de la fréquentation étrangère (- 5,1 %). Globalement, hors zones urbaines, cette offre d’hébergement semble cesser de prendre des parts de marché à l’hôtellerie traditionnelle. En revanche, la concurrence des hébergements proposés par les particuliers via les plateformes de réservation en ligne se développe.

Pour tous les types d’hébergements collectifs, la durée moyenne de séjour est en baisse (- 0,9 % en moyenne), même si ce recul est plus ou moins marqué. Cette évolution globale est sans doute liée à celle des comportements des vacanciers : les modes de réservation actuels facilitent le fractionnement d’une période de vacances en plusieurs séjours touristiques dans autant d’hébergements différents.

Dans l’hôtellerie, la durée de séjour des résidents se stabilise, mais celle des non-résidents se réduit. Dans les campings, les durées sont quasiment stables pour les deux types de clientèle. Dans les résidences de tourisme et les autres hébergements collectifs, la durée des séjours étrangers augmente, mais cela ne compense pas la nette baisse de la durée des séjours français.

La chute de la fréquentation russe pèse sur le bilan de l’hôtellerie...

Dans l’hôtellerie, la clientèle européenne (hors France) est globalement stable (- 0,3 %). Selon le pays d’origine, toutefois, les évolutions sont contrastées. Après plusieurs années de forte progression, la fréquentation russe s’effondre à partir d’avril. Sur l’année, la baisse est de 14,6 %, soit une perte de 350 000 nuitées (figure 3). La clientèle allemande (seconde provenance européenne) se replie également (- 190 000), effaçant presque la hausse de 2013. À l’inverse, celle en provenance du Royaume-Uni continue d’augmenter : avec 11,7 millions de nuitées (+ 500 000 en deux ans), elle reste plus que jamais la première clientèle européenne, mais aussi plus largement étrangère, des hôtels français. Les clientèles espagnole, italienne, belge et néerlandaise progressent en 2014 dans des proportions variables, avec un effet de rattrapage des baisses de 2013. Dans le cas de l’Espagne (+ 5,4 %), le gain est de 225 000 nuitées, soit la plus forte hausse observée en 2014.

Figure 3 - Fréquentation des hôtels selon la provenance de la clientèle
  Nuitées* en 2014 (en millions) Évolution 2013**-2014 (en %)
* Voir définitions.
** Les données de fréquentation pour l'année 2013 ont été rétropolées pour être comparables à celles de 2014.
Champ : hôtels situés en France métropolitaine.
Sources : Insee en partenariat avec la DGE et des partenaires territoriaux, enquête EFH.
France 125,5 -2,2
Allemagne 6,4 -2,8
Belgique 5,4 0,2
Espagne 4,4 5,4
Italie 5,4 0,9
Pays-Bas 3,2 0,2
Royaume-Uni 11,7 1,6
Russie 2,0 -14,6
Scandinavie 1,8 -9,2
Suisse 3,1 -0,1
Europe hors France 49,3 -0,3
Amérique centrale et du Sud 2,8 -5,8
États-Unis 7,7 1,6
Amérique 11,5 -0,9
Chine 2,4 2,8
Japon 2,3 -7,6
Proche-Orient et Moyen-Orient 2,3 17,0
Asie, Océanie et Australie 10,6 -0,5
Afrique 1,5 4,0
Étranger 72,9 -0,3
Total clientèle 198,4 -1,5

Photo : Chateau du Rougier à Camarés

Infos :
LA FREQUENTATION TOURISTIQUE EN 2014

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