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La Coupe du Monde du football féminin a lieu actuellement au Canada. L'occasion de mettre à nouveau l'accent sur ce pays qui attire un bon nombre de nos jeunes.

Le Canada serait devenu un pays de rêve et un avenir pour quantité de jeunes européens et de jeunes français candidats au Nouveau Monde.
Relativisons un peu, il y a effectivement près de 280 000 nouveaux arrivants chaque année au Canada, mais ils sont principalement originaires d'Asie, de la Chine, des Philippines (100 000) et un peu (7 à 8000) de notre territoire national, peut être 20 à 25 000 européens en tout. Donc ce ne sont pas des "vagues de jeunes français" et sur ces candidats à l'implantation, il y a peut être 50 % de réussites (ou 50 % d'échecs).

Il y a effectivement une politique du Gouvernement canadien pour faire venir de nouvelles populations si possible déjà formées et à des métiers demandés. Il y a également une politique d'accueil pour les recevoir correctement, les accompagner dans leurs démarches, leur permettre de garder leur religion, leur faciliter l'apprentissage de la langue. Ce n'est pas propre au Canada, l'Allemagne par exemple reçoit 400 000 nouveaux habitants chaque année et met en place des moyens logistiques en Espagne, en Italie ou en Grèce pour capter les jeunes populations déjà formées. En fait, il n'y a que notre pays où, quand on recherche des infos sur l'émigration, on tombe sur des déclarations de "reconduite à la frontière", sympa comme accueil.

Il y a plusieurs raisons à la politique du Canada. Elle n'est pas nouvelle, c'est un pays neuf qui a, à peine, 300 ans. Il s'en est fallut de très peu qu'il soit beaucoup plus francophone et non territoire de sa majesté britannique. S'il n'y avait pas eu la perte de la bataille de Québec en 1760 et l'échange Guadeloupe/Canada accepté par nos représentants d'alors (on a bien fait de leur couper la tête), les choses auraient été différentes. Si les "british" ont été immondes avant 1760, ils ont su mieux gérer la situation en acceptant que les francophones gardent leur langue et leur religion, ce qui implicitement, valait également pour tous les autres émigrants par la suite. Par exemple, il existe encore aujourd'hui des "écoles du samedi" pour former les émigrants. Bonne approche, le pays a quasiment doublé de population en 50 ans passant de 18 à 35 millions d'habitants. Actuellement un canadien sur cinq est né à l'extérieur du pays et la population d'une ville comme Toronto compte la moitié d'émigrants !

Le pays est immense, 20 fois la France, avec des ressources énergétiques considérables. Un pays tolérant et moderne, avec un accès immédiat sur la première économie mondiale. Un pays qui n'hésite pas à refuser de s'aligner sur les Etats-Unis au moment de la guerre en Irak. Un pays qui, avant tout le monde, a supprimé 30 % de ses fonctionnaires en 1995 pour rétablir les équilibres financiers du pays ce qui n'ira pas sans dégats pour la santé et le secteur social que le pays traine encore. Un pays qui forme les enfants dés leur plus jeune âge aux contraines de l'économie moderne. Un pays qui recrute effectivement avec un taux de chomage de 7.2 % bien loin de nos 10.6 %.

L'envers du décor n'est quand même pas si rose. La manne énergétique n'est pas si flamboyante, le pétrole des sables bitumineux est le "plus sale des plus sales" pétroles du monde. Ses coûts de production sont énormes, il faut pratiquement un litre de pétrole pour en produire deux, la pollution est intense en Alberta. Les salaires dans cette province sont effectivement élevés mais les coûts de résidence sont affolants, et les structures n'existent pas. Si l'éducation peut être mise en valeur, il n'en est pas de même pour la santé et le secteur social, quantité de canadiens se font ainsi soigner à l'étranger. Quant aux pensions de retraite, nous sommes effectivement en plein libéralisme à outrance puisque près de 50 % des retraités canadiens sont quittes à reprendre un emploi à temps partiel ou à temps complet. Si on y ajoute le faible taux de natalité (1.68 en 2008), on comprend la volonté de maintenir une forte politique pour favoriser l'émigration !

Pour ce qui concerne les salaires, ils sont effectivement plus importants mais pour les nouveaux métiers recherchés. Pour les emplois non qualifiés, l'équivalent du SMIC canadien est de 7 euros (10 dollars canadiens), le CDI n'existe pas et vous pouvez être remercié avec un préavis de 15 jours. Pour les français mal habitués, nous sommes très loin du compte.

Un autre handicap est le climat particulièrement rigoureux. Une région comme Québec va bénéficier de 100 à 120 jours de non gels par an. Actuellement, (écrit du 3 février à 10 h du matin), il y fait - 15°, idem pour les prévisions de toute la semaine à venir; gare aux engelures... Cet handicap influe sur le comportement, sur la chaleur humaine, sur la solidarité, même sur l'habitat, les maisons vont y être plus grandes pour y insérer des services : une salle de jeux, de billard, de cinéma, les fêtes d'hiver y sont chaleureuses avec les soirées "fondues", leurs promenades en raquettes, leurs matchs de hockey dans les arenas.

Ce sont les avantages et les inconvénients de ce pays. Il a rencontré dans les 1990/1995 une situation économique et financière extrêmement difficile. Ses choix ont été différents des notres, nous en avons fait une synthèse que vous avez pu lire dans l'Edito du 10 février 2014.

REDUCTION DES DEFICITS : L'EXEMPLE CANADIEN

Nous sommes en 1995, la situation dans le monde est équivalente à celle d'aujourd'hui. Nous sortons de plusieurs années de crises économiques et financières. Les pays sont endettés, les appareils des Etats sont devenus trop "lourds", et, pour certains, presque obèses. Le Canada est en pleine déroute avec un taux de déficit de 8.7 % du PIB, un taux de chômage de 12 %, et un service de la dette qui atteint 37 % des recettes fiscales. On est pas loin de la faillite. Jean Chrétien (québecois) a été élu premier ministre du pays, il est du courant libéral (à gauche), il lui faut prendre des décisions difficiles.

Avec son ministre des Finances, Paul Martin un autre québécois, il va proposer à la population un plan drastique de réduction des déficits :
 - la suppression de 9 ministères
 - la suppression de 25 % des effectifs des fonctionnaires et le gel des salaires pour les autres
 - la privatisation de quantités de services de l'Etat
 - un réexamen complet de toutes les dépenses publiques baptisé "examen des programmes" sur une période de six mois
 - la suppression d'administrations et de services de l'Etat
 - la forte baisse des indemnités de chômage
 - la suppression ou la baisse de quantités de subventions de l'Etat vers les provinces ou des structures.
 - mettre un lien entre les salaires des fonctionnaires et leurs résultats.
 - recourir systématiquement pour l'emploi public aux contrats temporaires.

Ce plan va être accepté et mis en place. Des syndicats de fonctionnaires vont tenter de s'y opposer et de se mettre en grève. Une nouvelle loi va être votée les obligeant à reprendre le travail sans délai.

Et cela va marcher ! En l'espace de trois ans, et dès l’exercice 1996/1997, l’objectif de déficit était atteint, et même dépassé (1% au lieu de 3%). La dette fédérale passe de 66 % à 44 % du PIB, les impôts diminuent de 40,1 % du PIB en 1993 à 37,5 % en 2003, les dépenses publiques passent au total de 48,8 % du PIB à 37,1 %. La croissance du PIB repart et sera la plus forte du G7 pendant 7 ans, avant les Etats-Unis. L'emploi augmente de 2,2 %/an, le chômage va descendre à 7 %. La proportion des familles pauvres passe de 14 % en 1996 à 10,9 % en 2000, et, malgré les baisses d’effectifs, la qualité des services publics ne s’est pas détériorée, elle s’est améliorée, les fonctionnaires étant davantage motivés qu’auparavant.

Alors, c'est vrai qu'il y a eu quelques ratés notamment dans le domaine de la santé, mais le Canada bénéficie encore aujourd'hui de cette cure et de cet assainissement. Le taux de chômage est toujours à 7 %, le déficit à 3 %. Le pays est devenu une terre d'accueil qui attire beaucoup de nos jeunes, et un exemple du bon fonctionnement des institutions et des services publics.

Encore une fois, je ne parle pas de politique et je n'ai rien contre l'Etat, les élus et les fonctionnaires. Il est bien entendu hors de question de supprimer 25 % de l'emploi public, cela représenterait 1 250 000 chomeurs de plus, la guerre civile garantie ! Simplement , il faut proposer deux choix à faire valider par référendum ou par la plus large expression possible :
- la fin de l'emploi à vie, qu'il soit possible pour un gouvernement de remettre en cause des choix trop généreux d'une autre équipe
- l'harmonisation des régimes sociaux et la fin des inégalités dans les statuts qui sont la honte de notre démocratie.

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