Accueil

MONTREDON LARZAC - AVEYRON (12)

JOSE BOVE DEPUTE EUROPEEN

José Bové, de son vrai nom Joseph Bové, né le 11 juin 1953 à Talence (Gironde), est l'une des figures du mouvement altermondialiste.

Syndicaliste agricole de la Confédération paysanne et de Via Campesina, il est connu pour ses prises de position contre les OGM et ses actions d'arrachage illégal de plantations OGM, qualifiées de désobéissance civile par ses défenseurs.

Il a été candidat à l'élection présidentielle française de 2007 où il a recueilli 1,32 % des voix. Tête de liste Europe Écologie pour la circonscription Sud-Ouest en France lors des élections européennes de 2009, il est élu député européen le 7 juin 2009.

Son père Joseph-Marie, d'origine luxembourgeoise, est spécialiste des maladies des plantes. Il se voit attribuer la nationalité française en devenant directeur régional de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) et devient membre de l'Académie des sciences.

José Bové a déclaré que son père n'avait « jamais travaillé sur les OGM ». Colette, sa mère, née Dumeau, est professeur de sciences naturelles, l'un de ses frères est ingénieur, l'autre informaticien.

Il parle anglais couramment, ayant suivi, à l'âge de trois ans, ses parents invités en tant que chercheurs à l'Université de Berkeley. La famille y reste de 1956 à 1959. Par ailleurs, elle passait ses vacances dans une résidence secondaire à Lacanau (hameau de Longarisse).

Inscrit dans un lycée privé d'Athis-Mons tenu par des Jésuites, il en est exclu étant réfractaire à l'enseignement de la religion en 1968 : il avait, dit-on, « fait l'apologie de la drogue dans une dissertation de français ». Demeuré seul à Paris (ses parents étant mutés à Bordeaux), il fréquente les galas libertaires. Il obtient son baccalauréat, section économie, avec mention.

Il envisage l'enseignement de la philosophie et s'inscrit en classe préparatoire aux grandes écoles et à la faculté de Bordeaux où en 1971, il rencontre Alice Monier qu'il épousera en 1989; ils se sépareront en 2000.

Pendant son séjour seul à Paris, début 1970, il est pacifiste et antimilitariste et proche des mouvements chrétiens ouvriers. Il milite également dans des mouvements hostiles à la guerre du Viêt Nam.

Refusant de faire son service national, il est considéré comme déserteur en 1972. Il effectue un « voyage initiatique » en Inde en 1973. Il a été marqué par la fréquentation de la Communauté de l'Arche de Lanza del Vasto, celle-ci développant une philosophie de « non-violence active ».

Réfractaire au service militaire et refusant le statut d'objecteur de conscience, José Bové, recherché par l'armée, trouve refuge dans une exploitation agricole des Pyrénées. En 1973, il participe au rassemblement national contre l'extension du camp militaire sur le causse du Larzac, où il rencontre Bernard Lambert. À l'été 1974, 50 000 personnes participent à l'opération Moisson pour le Tiers monde sur le causse. Il se trouve parmi les quelques militants qui évitent à François Mitterrand, candidat battu quelques semaines auparavant, d'être lynché par des groupuscules maoïstes.

Avec sa femme Alice Monier, et sa fille, il s'y installe en 1976 et élève des brebis mais ne lâche en rien son côté contestataire.

Son opposition au militarisme le conduit tout naturellement à participer à la lutte contre l'extension du camp militaire du Larzac, qui fédère paysans et ouvriers au cours des années 1970.

Il fait partie des vingt-deux personnes qui investissent en 1976 le camp militaire et s'emparent de documents attestant la vente de terrains par divers paysans. Il fait trois semaines de prison préventive, et est condamné à quatre mois avec sursis et privation de ses droits civiques pour activités antimilitaristes.

Il décide avec sa femme de squatter une ferme à l'abandon depuis 1920, Le hameau de Montredon, et de mettre en valeur les terres convoitées par l'armée. En 1976, il s'installe sur cette ferme. En 1977, il est au volant de l'un des 90 tracteurs qui pénètrent sur le champ de tir avec, sur le garde-boue, un soldat contestataire en cagoule, délégué par les comités de soldats.

En 1981, c'est la victoire du mouvement du Larzac, François Mitterrand annonçant l'annulation du projet d'extension du camp militaire. Les terrains acquis par l'Etat pour l'extension du camp sont ensuite confiés par bail emphytéotique à la Société Civile des Terres du Larzac, dont José Bové est l'un des gérants.

En 1978, Alice Monier et José Bové fondent un Centre cantonal des Jeunes agriculteurs, (CCJA), dont Alice devient vice-présidente. Dès septembre 1981, il fonde le Syndicat des Paysans-Travailleurs de l'Aveyron, où se retrouvent les membres du CCJA. Se revendiquant des situationnistes, et notamment de son ami René Riesel, il prône — déjà ! — une « autre agriculture ».

En 1987, il participe à la création de la Confédération paysanne, dont il devient l'un des cinq secrétaires nationaux. Composé de l'aile gauche du syndicat majoritaire (FNSEA) et de petits syndicats de gauche, ce nouveau syndicat agricole veut changer l'agriculture et s'opposer à l'industrie (l'industrie agro-alimentaire moderne et aux industriels fournisseurs des agriculteurs), au nom du respect des personnes (consommateurs et paysans) et de l'environnement.

Outre de multiples manifestations et actions, notamment contre le GATT et la PAC, il développe en local un syndicalisme actif auprès des petits producteurs qui fournissent le lait de brebis indispensable aux caves de Roquefort. Co-gérant de la Société civile des terres du Larzac, il fonde et dirige le Comité Roquefort, devenu en 1987, le Syndicat des producteurs de lait de brebis, affilié à la Confédération Roquefort.

Il lui faudra batailler ferme (avec occupations et divers coups d'éclat) et longuement pour se faire admettre dans l'interprofession, en mai 1993.

José Bové (Paris, Mai 2005)L'engagement de José Bové ne se limite pas au syndicalisme agricole. En 1995, il participe dans l'océan Pacifique à l'opération menée par Greenpeace contre la reprise des essais nucléaires décidée par le président Chirac, fraîchement élu. Il intervient également pour soutenir les mouvements des Tahitiens et des Kanaks.

Engagé dans l'altermondialisme, il fait également partie des membres fondateurs de l'association ATTAC en 1998.

Un fait particulièrement médiatisé est l'action menée par José Bové et plusieurs paysans militants le 12 août 1999 sur le chantier d'assemblage d'un restaurant McDonald's à Millau.Qualifiée par ses participants de « démontage », cette action a été sanctionnée au cours d'un procès dont le verdict a condamné José Bové à une peine de trois mois de prison ferme.

Il s'agissait, pour la Confédération Paysanne de protester contre la décision de l'Organisation mondiale du commerce de valider les sanctions américaines (sous forme de taxation punitive de certaines importations d'origine européenne, dont le fromage de Roquefort), en raison du refus de l'Union européenne d'importer des États-Unis de la viande de vache élevée aux hormones de croissance.

McDonald's, entreprise d'origine américaine, représentait à leurs yeux la cible symbolique idéale, tout à la fois de la « malbouffe » et du « capitalisme apatride ». L'action, collective, réalisée à visage découvert, avait été annoncée à la police par les organisateurs.

René Riesel, autre membre de la Confédération paysanne et auteur avec Bové de sabotages de cultures OGM, avance que cette action intervient à un moment critique de la lutte contre les OGM, quand celle-ci finissait par prendre de l'ampleur et osait s'attaquer à la recherche publique.

Selon Riesel, la médiatisation de la « malbouffe » a permis de masquer la « guerre contre le vivant » que mène la société industrielle, et a permis à un courant de contestation légaliste qu'il qualifie de « citoyenniste » d'occuper seul la scène médiatique, avec Bové à sa tête.

Alors que le précédent mouvement dénonçait toute forme de manipulation génétique comme moyen de domination du couple recherche/industrie sur le vivant et les populations, le mouvement « citoyenniste » milite seulement pour que l'État régule cette domination en protégeant le consommateur, ce que Riesel perçoit comme une dérive qui limite considérablement la portée contestatrice, et potentiellement émancipatrice, de la lutte contre les OGM.

Avec Evo Morales en 2002.Il participe en 1999 aux manifestations de Seattle contre le sommet de l'OMC. En janvier 2001, en marge du Forum social mondial, il mène une action anti-OGM au Brésil contre une unité de la société Monsanto, qu'il accuse de produire illégalement des semences de soja transgénique.

La même année, il est à Gênes aux côtés des militants altermondialistes pour manifester au sommet du G8, marqué par des violences et la mort du jeune Italien Carlo Giuliani.

En mars 2002, il participe à une délégation de Via Campesina avec Paul Nicholson (paysan basque) et João Pedro Stedile (responsable du Mouvement des sans-terre brésilien), invitée par les paysans palestiniens pour commémorer le Jour de la Terre.

Cette visite s'inscrit dans le cadre plus large de la Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien (CCIPPP). L'offensive lancée par l'armée israélienne le lendemain de leur arrivée dans les Territoires occupés bouleverse le programme originel.

L'ensemble de la mission décide alors de rejoindre la ville assiégée de Ramallah puis de se rendre au Palais présidentiel dont ils craignent l'attaque, José Bové y rencontre d'ailleurs Yasser Arafat.

Alors qu'il sort à la tête d'une délégation en agitant un drapeau blanc, José Bové est arrêté par l'armée israélienne et expulsé après deux jours d'emprisonnement. Il est violemment pris à parti à son arrivée à Orly par des membres du Betar.

Peu après, il livre à la presse des commentaires ressentis par certains comme ambigus au sujet des diverses attaques parfois violentes (cocktails Molotov ; voiture-bélier à Lyon-La Duchère) qui ont eu lieu en France contre des synagogues depuis le début de cette année-là, et déclare : « vous savez, il n'y a pas de fumée sans feu. Il faut se demander à qui profite le crime. Je dénonce tous les actes visant les lieux de culte. Mais je crois que le gouvernement israélien et ses services secrets ont intérêt à créer une certaine psychose, à faire croire qu'un climat antisémite s'est installé en France pour mieux détourner les regards. » (cité par Libération, 3 avril 2002), ce dont il s'excusera plus tard à de nombreuses reprises, reconnaissant une erreur.

Bové affirme par ailleurs qu'Israël serait « une sentinelle avancée du libéralisme sauvage », ce qui lui vaut l'hostilité des défenseurs de ce pays.

Dans son action syndicale ou politique, José Bové, assisté d'autres militants, a parfois recours à des méthodes illégales, qualifiées de désobéissance civile par ses défenseurs, et inspirées de la réflexion politique de Henry David Thoreau. Il y a, par exemple, procédé à une action sur une sandwicherie de la chaîne McDonald's de Millau, qu'il qualifie de « démontage », ou encore l'arrachage ou fauchage de champs d'essai d'OGM ou de plants de riz transgénique dans un laboratoire du CIRAD avec l'aide de militants indiens qui pratiquent régulièrement ce genre d'action dans leur pays.

La FNSEA critique son combat contre les OGM et la Malbouffe au nom de la santé. Elle pense que c'est son engagement pour des causes non agricoles qui ont valu à la Confédération paysanne de perdre 7 points (de plus de 26 % à plus de 19 %) lors des dernières élections aux Chambres d'agriculture, restant toutefois le second syndicat paysan.

A ce titre, José Bové est condamné à de nombreuses reprises. On retient surtout sa condamnation à dix mois ferme en 2003, après un appel et un pourvoi en cassation. La Confédération paysanne dénonce alors « la dureté sans précédent de cette condamnation, aucun responsable syndical de niveau national n'ayant été incarcéré depuis le régime fasciste de Vichy », condamnation qui « montre la dégradation des libertés syndicales en France ».

Peu après son incarcération en juin 2003, son avocat demande pour José Bové le statut de prisonnier politique. Cette demande fait suite à une arrestation assez musclée à l'origine de multiples protestations.

José Bové, refusant de devenir « porte-parole » à vie de la Confédération paysanne, annonce son retrait à la fin du grand rassemblement du Larzac, évènement altermondialiste réunissant plusieurs centaines de milliers de personnes en août 2003, rendu effectif lors du congrès des 7 et 8 avril 2004.

Il est remplacé dans cette fonction par Brigitte Allain, paysanne en Dordogne et Jean-Émile Sanchez, un de ses compagnons de lutte, également éleveur de brebis sur le causse du Larzac. Son exposition médiatique, lorsqu'il était porte-parole de la Confédération paysanne, provoquait un certain agacement.

José Bové poursuit néanmoins son activité syndicale internationale. Lors de la quatrième conférence internationale de Via Campesina, se tenant au Brésil en juin 2004, il devient porte parole de Via Campesina et se voit confier le soin d’animer la campagne internationale visant à faire reconnaître la souveraineté alimentaire comme un nouveau droit de l’Homme.Il représente Via Campesina à la conférence de la CNUCED de Sao Paulo où il présente cette proposition à Kofi Annan, Secrétaire général des Nations unies.

En juin 2004, il se rend en Bolivie où il participe à une mission de solidarité à Franscisco Cortes, militant colombien alors emprisonné dans ce pays depuis plus d’un an. Il est reçu par Evo Morales, député bolivien, responsable des syndicats de cocaleros et président du Movimiento Al Socialismo, première force politique du pays et par Carlos Mesa, président de la République.

Au cours de l'été 2004, José Bové et d’autres membres du réseau des « faucheurs volontaires » relancent la campagne de destruction d’essais d'OGM en plein champ. En juillet 2005, José Bové participe au dernier jour de la marche pour la décroissance, en marge du Grand Prix de France de Formule 1, symbole de ce à quoi cette dernière s'opposait.

En octobre 2005, pour faire avancer les revendications portées par le « Non de gauche » à la Constitution européenne, José Bové déclare que selon lui, des alliances entre mouvements seront nécessaires et n'exclut pas, si la tâche lui est confiée, de se porter candidat à l'élection présidentielle de 2007 dans le cadre d'une unité des forces anti-libérales.

Le 13 juin 2006, il se déclare candidat à la présidentielle dans un entretien au journal Libération, s'estimant le plus apte à rassembler la gauche de la gauche. Il s'est aussi investi dans les Collectifs du 29 mai, et maintenant dans le collectif national d’initiative pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes, en débattant et en participant à une dynamique collective pour la présidentielle de 2007, pour les législatives, les municipales, les cantonales, et pour toutes les mobilisations liées à cela.

Le 23 novembre 2006, José Bové annonce son retrait « provisoire » de l'investiture des collectifs anti-libéraux, estimant que le PCF tentait d'imposer la candidature de Marie-George Buffet. Suite à l'impossibilité d'obtenir un accord sur une candidature commune et à la candidature de Marie-George Buffet, des militants lancent une pétition qui recueille rapidement 35 000 signatures appelant José Bové à représenter les collectifs à l'élection présidentielle. Le 21 janvier 2007 à Montreuil, Bové se déclare prêt à être candidat, et a annoncé officiellement sa candidature le jeudi 1er février 2007 à la Bourse du travail de Saint Denis pour « redonner l'espoir d'une alternative à gauche » et être « le porte-voix des sans-voix ».

La réunion de Montreuil a approuvé sa candidature comme « candidature trait d'union ». Il a alors indiqué disposer d'entre 150 et 200 promesses de parrainage et sa cote d'intention de vote est comprise entre 1 % et 3 %.

Le collectif national unitaire a réagi à la candidature de José Bové en indiquant qu'aucune candidature ne pouvait se réclamer des collectifs unitaires et que la réunion de Montreuil ne représentait pas les collectifs mais uniquement les membres présents.

Suite à l'échec de sa nomination comme candidat unique de la gauche antilibérale, il choisit une vingtaine de porte-parole dont des membres du PCF et des Verts en désaccord avec les directions de leur parti. L'objectif est de bien se positionner dans le débat sur l'unité de la gauche anti-libérale. Des associations de quartiers populaires l'ont rejoint et il a reçu le soutien d'un groupe de vétérans révolutionnaires autour de Jean-René Chauvin.

La force de José Bové est l'efficacité de ses méthodes qui conduisent à une médiatisation souvent difficile à obtenir sur les sujets agricoles et alimentaires. L'absence d'un parti en soutien est une faiblesse même si le fait qu'il soit « libre » peut attirer une fraction de la gauche anti-libérale anti-partis.

Il est également victime d'un canular disant que Thierry Henry aurait signé la pétition, il a été ajouté sur son site trop rapidement en partie VIP, le joueur a démenti et s'est mis en colère. De nombreux journaux ont critiqué cette bourde de l'équipe de Bové.

José Bové a réalisé au premier tour de l'élection présidentielle française de 2007, au sein de son parti non inscrit Osez Bové un score de 483 008 voix soit 1,32 %. Ce score est très bas. Non seulement il n'y a pas eu de dynamique Bové durant la campagne électorale mais au contraire, les intentions de votes ont été divisées par deux entre la déclaration de sa candidature et le jour des élections. Il est 10e sur 12 candidats, devant les peu médiatisés Frédéric Nihous et Gérard Schivardi, derrière tous les candidats connus de la gauche du PS (Olivier Besancenot, Marie-George Buffet, Dominique Voynet et Arlette Laguiller).

Si l'on se rappelle que José Bové avait demandé l'investiture comme candidat unique de la gauche antilibérale, on peut considérer que cette élection est pour lui un échec personnel.

Son attitude durant le second tour a été très critiquée par la LCR qui lui a reproché « d'aller à la soupe ». Le vendredi 27 avril, la candidate Ségolène Royal confiait à José Bové une mission d'étude sur la question de « la mondialisation et la souveraineté alimentaire ». Le lundi 30 avril, José Bové appelait à voter pour Ségolène Royal.

Les déclarations de José Bové quant à sa participation à un gouvernement socialiste ont été contradictoires. Face aux militants de l'extrême gauche anti-socialistes, il n'en a jamais été question. Le 20 avril, seulement deux jours avant le premier tour, alors que les sondages indiquaient déjà son score très bas impossible à remonter, il a déclaré au Nouvel Observateur qu'il excluait de devenir ministre ce qui semblait à ce moment là totalement improbable.

Après avoir appelé à voter Ségolène Royal et faisant référence à la réalisation des actions du gouvernement français qui prolongeraient sa mission en cas de victoire socialiste, il a indiqué « être prêt à assumer mes responsabilités pour y participer ». C'est l'expression consacrée pour demander un poste politique.

Réagissant à la crise financière, José Bové appelle à la création d'un tribunal pénal de commerce à l'image du tribunal pénal international, pour juger les spéculateurs et « criminels financiers ».

En 2009, José Bové a été choisi comme tête de liste de la circonscription Sud-Ouest de la France dans le cadre du rassemblement Europe Écologie, qui regroupe des militants appartenant aux principaux partis et associations écologistes.

A la faveur d'un large succès des listes écologiques, menées par Daniel Cohn-Bendit, et Eva Joly en Ile-de-France, José Bové et sa colistière sont élus député européen le 7 juin 2009.

José Bové est surtout connu de par ses actions militantes :
pour une alternative à la mondialisation dite néolibérale ;
contre les organismes génétiquement modifiés (OGM) ;
contre la « malbouffe » et la domination américaine, incarnée par la restauration rapide (notamment les McDonald's).
Mais il milite aussi (d'après son programme pour la présidentielle de 2007:

Pour la reconnaissance des populations des banlieues pauvres et du monde rural, ainsi que leur accès égalitaire aux services publics.
Contre le racisme
Pour l'égalité des hommes et des femmes
Pour le droit au logement
Pour la dissolution de la BAC (qu'il juge trop violente et peu efficace).
Contre les « rafles de sans-papiers ».
Pour le contrôle citoyen sur la rénovation des « quartiers » afin de ne pas détruire plus d'appartements qu'il n'en est créé.
Pour l'accès libre et le respect des ressources naturelles vitales.
Pour le développement des transports collectifs non polluants
Pour le développement des énergies renouvelables et pour l'arrêt total du projet EPR.
Pour la défense d'une agriculture paysanne.
Pour la taxation des transactions financières
Contre la « direction du monde » par les pays du G8, le FMI et la Banque mondiale.
Pour l'annulation de la dette des pays pauvres.
Pour la souveraineté alimentaire

Il a une culture libertaire qu'il revendique pour ses actions de désobéissance civile, en citant également l'article II de la déclaration des droits de l'homme de 1789, lequel garantit le droit de résistance à l'oppression.

Il cite dans ses lectures Kropotkine, Voline, Nestor Makhno, Elisée Reclus, Bakounine, Thoreau et notamment sa Désobéissance civile qui inspira Gandhi et Martin Luther King, Jean Giono, aime à parler de sa rencontre avec Lanza del Vasto, qui connut Gandhi personnellement et apprécie Louis Lecoin et Jacques Ellul. Il a fréquenté Ellul de 1971 à 1973 au sein d'un groupe anarchiste non violent.

Il est membre d'un GAEC (exploitation agricole) d'élevage de brebis pour la fabrication, en transformation directe, de fromages de brebis et de yaourts, situé à Montredon (commune de La Roque-Sainte-Marguerite, dans le département de l'Aveyron) sur le plateau du Larzac, où il s'est fait construire une maison en matériaux écologiques.

Il est membre fondateur, et fut porte-parole, du syndicat agricole français Confédération paysanne, syndicat qui souhaite, également, une « autre politique agricole » (dans un sens plus favorable à la petite paysannerie locale, moins sensible aux échanges — à commencer par le grand commerce international, et plus indépendante à l'égard des industries qui fournissent les matières premières ou qui consomment les produits de l'agriculture).

Il est membre fondateur d'ATTAC, membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.

Dans son analyse de la société et du combat à mener, José Bové s'inspire de Henry David Thoreau, Gandhi et Jacques Ellul, qui se sont prononcés pour la désobéissance civile, la non-violence et la critique du système technicien.

Ses actions de désobéissance civile au sujet des OGM lui ont valu une forte médiatisation et notoriété, mais aussi de nombreux procès, amendes, dommages et intérêts, ainsi qu'un séjour en prison.

Sur le terrain comme devant la justice, l'entreprise avec qui la Confédération paysanne entretient les rapports les plus conflictuels est Monsanto, une firme américaine. En impulsant des réglementations plus strictes sur la recherche et l'industrie biotechnologique françaises et européennes, les anti-OGM porteraient préjudice à ses activités.

Il persiste dans sa pratique de la « désobéissance civile » malgré les avertissements de la justice établissant qu'elle n'était ni justifiée ni proportionnée. Pourtant, l'Union Européenne fait payer chaque mois à la France une lourde amende pour ses cultures d'OGM en plein champ, celles-ci étant interdites dans l'Union et la directive européenne n'ayant pas été transposée par la France.

Enfin, ses adversaires lui reprochent d'avoir une attitude « obscurantiste » vis à vis de la recherche scientifique, en sabotant les recherches sur les OGM, en invoquant le principe de précaution, empêchant ainsi de vérifier l'inocuité, de connaître ou de prouver la réalité des effets secondaires qu'il allègue contre ces produits.

José Bové justifie son action en arguant d'un but suffisamment important. Il met en avant que l'effet néfaste d'une alimentation à base d'aliments OGM sur les animaux, comme les insectes et les rongeurs, a été démontré par certains biologistes. D'autre part, des études ont déjà démontré que certains OGM cultivés en France sont dangereux, mais ces études ont été cachées par les organismes officiels de protection de la santé en France, comme pour la vache folle, ou la catastrophe de Tchernobyl, montrant ainsi un déficit de protection des citoyens au bénéfice des industries. Il existe une complémentarité entre les différents combats de José Bové, par exemple contre les OGM et contre le libéralisme. Ainsi il dénonce les effets négatifs des OGM, hors contamination, qui sont déjà connus dans de nombreux pays.

En Argentine, notamment, on s'est aperçu que l'argument de réduction de l'utilisation des pesticides ne tient que sur une ou deux semences, que les champs voisins se sont retrouvés détruits et des populations voisines rendues malades par l'utilisation d'herbicides censés rentabiliser les champs de soja OGM, que la culture massive d'OGM contrôlée par des fonds de pension étrangers a accéléré l'exode rural de la petite paysannerie, venant ainsi agrandir les bidonvilles.

Il déclare s'attaquer principalement à la culture OGM en plein champ, dont les risques de contamination seraient connus. Cependant, il a détruit des plantations OGM à l'intérieur des serres et installations d'un centre de recherche du CIRAD non susceptibles de telles contaminations. Avec 16 autres militants, il entame une grève de la faim le 3 janvier 2008 pour obtenir le respect par le gouvernement de son engagement d'enclencher la clause de sauvegarde contre les OGM prévue dans la directive européenne 2001/18, clause qui permettrait de fait un moratoire sur la culture des OGM en France.

Parcours judiciaire

Au cours de son parcours judiciaire, José Bové a été accompagné par François Roux, avocat à la Cour de Montpellier. En 2003, José Bové a sollicité une grâce présidentielle.

Il a été entendu puisqu'il a été partiellement grâcié et le reste de sa peine adapté. Il n'est resté en prison qu'un mois et 10 jours au lieu des 22 mois prononcés contre lui. Dans des conditions normales de remise de peine, il aurait du effectuer au minimum 7 mois de prison.

1976 Condamnation à quatre mois de prison avec sursis et privation de ses droits civiques pour activités antimilitaristes (il avait volé des documents concernant un projet d'extension du camp militaire du Larzac).
 
18 février 1998 : condamnation à huit mois de prison avec sursis par le Tribunal correctionnel d'Agen pour la destruction d'un stock de semences transgéniques sur un site de Novartis à Nérac en Lot-et-Garonne.

20 octobre 1998 : le Tribunal de Tahiti le reconnaît coupable d'entrave volontaire à la navigation ou à la circulation d'aéronef. Néanmoins, il est dispensé de peine.

27 octobre 1999 : le Tribunal correctionnel de Rodez (Aveyron) le reconnaît coupable, avec 8 membres de la Confédération paysanne, de « violence en réunion ». En mars 1999, ils avaient séquestré trois fonctionnaires de la préfecture. Néanmoins, il est dispensé de peine.

13 septembre 2000 : trois mois de prison ferme par le Tribunal correctionnel de Millau pour le vandalisme du chantier de McDonald's le 12 août 1999. Le 22 mars 2001, la Cour d'appel de Montpellier confirme la peine, et le condamne à 6 000 francs d'amende (915 €) pour la brève séquestration des fonctionnaires de la Direction départementale de l'Agriculture de Rodez en mars 1999.

20 décembre 2001 : la Cour d'appel de Montpellier condamne José Bové à six mois d'emprisonnement pour destruction de plants de riz transgénique en juin 1999 dans une serre du CIRAD (peu de temps avant qu’il soit planté en Camargue) à Montpellier. En première instance, le 15 mars de la même année, le tribunal correctionnel de Montpellier avait infligé dix mois d'emprisonnement avec sursis et deux ans de mise à l'épreuve à José Bové.
6 février 2002 : la Cour de cassation rejette son pourvoi formé au sujet de sa condamnation à trois mois d'emprisonnement ferme pour les dégradations du McDonald's de Millau. Elle fait de même à l'encontre de sa condamnation à 915 € d'amende dans l'affaire de Rodez.

Du 19 juin au 1er août 2002 : José Bové purge le reliquat de sa peine de trois mois d'emprisonnement pour la destruction du McDonald's de Millau, à la maison d'arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault) (trois semaines de détention provisoire avaient déjà été effectuées en 1999).

22 octobre 2002 : le Tribunal correctionnel de Foix le condamne à 100 jours-amende d'un montant de 30 € par jour, pour le fauchage, en avril 2000 d'un champ expérimental de colza transgénique cultivé par le Centre technique interprofessionnel des oléagineux métropolitain (Cetiom) à Gaudiès (Ariège). José Bové ne fait pas appel.

19 novembre 2002 : la Cour de cassation rejette le pourvoi formé contre sa condamnation par la Cour d'appel de Montpellier le 20 décembre 2001 à six mois d'emprisonnement ferme pour la destruction de plants de riz transgénique en juin 1999.

26 février 2003 : condamnation à dix mois de prison ferme. Rejet du pourvoi par la Cour de cassation à l'encontre de la peine de six mois de prison prononcée par la Cour d'appel de Montpellier fin 2001 et révocation de la moitié du sursis des huit mois prononcé par le Tribunal correctionnel agenais.

Les condamnations en question sanctionnent la destruction de plants de riz transgénique au centre CIRAD de Montpellier et de semences de maïs transgénique dans les locaux de la société Novartis à Nérac.
22 juin 2003 : incarcération à la prison de Villeneuve-lès-Maguelone.
2 août 2003 : libéré suite à une grâce présidentielle (à l'occasion du 14 juillet) et aménagement de peine avec assignation à résidence.

8 novembre 2004 : cité à comparaître devant le tribunal de Toulouse pour répondre de sa participation à une action de destruction de parcelle de maïs transgénique le 25 juillet 2004 à Menville dans le département de la Haute-Garonne avec huit autres personnes inculpées (le député (Verts) Noël Mamère, le député européen (Verts) Gérard Onesta, José Bové, les élus municipaux toulousains François Simon (ex-PS) et Pierre Labeyrie (Verts), l'ancien secrétaire national des (Verts), Gilles Lemaire, et le conseiller régional d'Aquitaine (Verts), Michel Daverat, Jean-Baptiste Libouban, des Communautés de l'Arche (fondées par Lanza del Vasto), fondateur du mouvement des faucheurs volontaires et un agriculteur Jean-Aimé Gravas). La cour a accepté de juger les 224 autres personnes qui avaient participé à cette manifestation et qui revendiquaient leur geste comme une « action collective de désobéissance civile ».

17 mars 2005 : Audience en appel de cette décision, à la demande du Ministère public, qui souhaitait limiter le jugement aux 9 principaux prévenus, et non à l'ensemble des faucheurs volontaires.
15 novembre 2005 : Condamnation à 4 mois de prison ferme par la Cour d’Appel de Toulouse. Il se pourvoit en cassation.
7 février 2007 : Rejet de son pourvoi en cassation. Il déclare : « Je serai peut-être le premier prisonnier politique qui sera en même temps candidat à l'élection présidentielle », cette déclaration a été critiquée par l'avocat et blogueur Eolas (pseudonyme), car selon lui, José Bové savait qu'il n'y avait aucune chance pour qu'il aille en prison avant l'échéance électorale.
 
27 mars 2007 : José Bové est convoqué devant le Tribunal de Villefranche-de-Lauragais (31) pour avoir participé au défrichement d'une culture de maïs OGM en Haute Garonne, le 30 juillet 2006.
 
12 novembre 2007 : Convocation à Millau, devant un juge d'application des peines, dans le cadre de sa condamnation à de la prison ferme pour un arrachage de maïs transgénique en juillet 2004 en Haute-Garonne.
17 décembre 2007 : sa peine est finalement commuée en jours amendes d'un montant total de 4 800 euros.
10 juillet 2008 : le procès de douze militants anti-OGM, dont José Bové, a été reporté au 27 août. Ils sont poursuivis pour la dégradation d'un stock de maïs transgénique effectué le 4 novembre 2006 à Lugos[38].
4 septembre 2008 : le tribunal de Toulouse le condamne à 180 jours-amende à 100 euros pour destruction de maïs en 2006 en Haute-Garonne.
17 septembre 2008 : « le tribunal correctionnel de Carcassonne a relaxé ce mercredi l’ensemble des militants anti-OGM, parmi lesquels José Bové, poursuivis pour entrave à l’exercice de la liberté du travail après avoir envahi le site du semencier Monsanto, à Trèbes (Aude) le 13 avril 2006 ».

 Ouvrages
Nous, Paysans (2000) avec Gilles Luneau
Le Monde n’est pas une marchandise ; des paysans contre la malbouffe (2001) avec François Dufour et Gilles Luneau
la préface de Rural ! – Chronique d’une collision politique (2001), bande dessinée d’Étienne Davodeau
Retour de Palestine (2002)
Paysan du Monde (2002) avec Gilles Luneau
La Confédération paysanne (2003) avec Yves Manguy
Pour la désobéissance civique (2004) avec Gilles Luneau
Candidat rebelle (2007)

copie de l'article de Wikipedia

Contact :
JOSE BOVE DEPUTE EUROPEEN
12 MONTREDON LARZAC
Rechercher :
Compte Twitter
Toutes les brèves
Zoom sur...
Zoom sur...
Contactez-nous