Auteur maîtrisant les subtilités de la langue française et de l’argot (il a réécrit les fables de La Fontaine), ses chansons posent des questions sur un ton enfantin et apparemment naïf, avec un sourire malicieux mais souvent pertinent.
Son répertoire, composé de chansons enfantines, comiques, grivoises légères ou engagées, navigue entre humour et tendresse. Pierre Perret, légende de la chanson française, est parfois considéré comme un poète à part entière. Il est également réputé pour son amour de la gastronomie.
Ses parents Maurice et Claudia tiennent un café, le Café du Pont à Castelsarrasin, dans lequel il passera une grande partie de son enfance, apprenant par là même de nombreux argots et langages de métiers.
À 14 ans, il intègre le conservatoire de musique de Toulouse et s’inscrit aussi au conservatoire d’art dramatique. Il obtiendra un deuxième prix de saxophone. Parallèlement, il continue de jouer dans des bals et des fêtes familiales avec son premier orchestre (quatre musiciens).
En 1953 à 1956, il effectue son service militaire. Il aurait visité régulièrement l'écrivain Paul Léautaud jusqu'à la mort de celui-ci en 1956, et raconte cette fréquentation en 1972 dans Adieu, Monsieur Léautaud.
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Ayant fait la connaissance de Georges Brassens, qui l'encourage à écrire et composer, il fréquente de plus en plus le milieu de la chanson parisienne. En 1956, on le retrouve en train d’accompagner à la guitare la jeune chanteuse Françoise Marin dans le cabaret La Colombe.
Un soir, les clients partis, il montre ses premières chansons à Michel Valette, le patron du lieu. Il lui chante alors Adèle, Qu’elle était jolie, etc. Mais, trop timide, il refuse la proposition de celui-ci de l’engager pour chanter. Malgré cela, le lendemain, après le tour de chant de Françoise Marin, Michel Valette lui force la main en l’annonçant par surprise aux clients de La Colombe et, après s’être fait prier dans une ambiance bon enfant, il finit par accepter. Il remporte un vif succès qui le met en confiance et l’incite à accepter son premier engagement de chanteur.
En 1957, il habite avec Françoise Marin, devenue Françoise Lô, qui joue aux Trois Baudets, Pierre l’accompagnant à la guitare. Un soir, il chante quelques-unes de ses propres chansons et est remarqué par Boris Vian, Jacques Canetti et surtout par l’agent Émile Hebey. Celui-ci le présente à Eddie Barclay avec lequel il signe un contrat d’enregistrement pour une durée de 6 années. Son premier 45 tours, Moi j’attends Adèle, sort cette année-là.
En 1958, Pierre continue la tournée des cabarets parisiens et sillonne les routes de France et d’Afrique en première partie du groupe américain les Platters. En novembre, une pleurésie l’oblige à séjourner presque deux ans dans un sanatorium. Il reçoit alors le soutien financier du métier.
En 1960, c’est dans les bureaux des disques Barclay qu’il fera la connaissance de Simone Mazaltarim qui deviendra son épouse et qu’il rebaptisera, des années plus tard, Rébecca. La même année sort Le Bonheur conjugal, son premier 25 cm. Les ventes ne sont pas suffisantes.
En 1963, Pierre Perret connaît son premier succès avec la chanson Le Tord Boyaux (100 000 exemplaires). Il enchaîne alors les succès. Il habite Gennevilliers avec sa famille pendant 8 ans. Le contrat avec Barclay expire cette année-là. Il signe alors chez Vogue pour une durée de 6 années et Lucien Morisse devient son agent artistique.
En 1966, sa chanson Les Jolies Colonies de vacances devient un succès sans précédent. Diffusée sur les radios et à la télévision, elle met fin définitivement à des années de galère financière. En juillet-août, il fait une tournée dans toute la France avec Charles Aznavour. Cette proximité artistique encouragera Pierre Perret à se lancer dans une écriture plus poétique. L'avenir nous montrera qu'il n'a pas eu tort ... Il fait son premier Olympia fin 1966.
En 1969, il joue dans le film Les Patates de Claude Autant-Lara avec Jacques Balutin, Rufus, Henri Virlojeux, Bérangère Dautun, Christine Aurel, dont il signe la musique du film. Le contrat le liant avec Vogue expirant en 1969, il décide, avec sa femme, de s'autoproduire en fondant les éditions Adèle (du nom de sa première chanson). Il joue également dans un western comique de Jean Girault, Le Juge, avec Robert Hossein en 1970.
Il connaît son plus gros succès en 1974 avec le Zizi (5 millions d’exemplaires). Il se met petit à petit à écrire des textes plus graves. Sa chanson Lily, écrite en 1977, deviendra un classique des chansons anti-racistes. Il écrit également sur la famine (Riz pilé), l’écologie (Vert de colère), la guerre (La Petite kurde), le tabac (Mourir du tabac), l’avortement (Elle attend son petit) ou la remontée du fascisme (La Bête est revenue). Sortie en 1998, cette chanson contre le Front national lui valut de nombreuses lettres d’insultes.
Le groupe parodique Nettoyage Ethnik ira même jusqu'à parodier sa chanson "La cage aux oiseaux" en changeant le titre en "la cage aux négros". Suite à l’album du même nom, il fit une tournée, passant notamment au Festival des Vieilles Charrues où il jouera devant 60 000 personnes. En 2003, il collabore avec le groupe les Ogres de Barback pour son album Çui la. Il revient à des arrangements évoquant la variété des années 1970 pour son album suivant, Mélangez-vous, qui sort en 2006.
Ses ventes n’atteignent plus les records d’autrefois, mais Pierre Perret a toutefois gagné la stature d’un monument de la chanson française. Il est également devenu un auteur à succès comme avec son dictionnaire Le Parler des métiers, sorti en 2003. En 2006, il est invité par le président de l’Assemblée nationale Jean-Louis Debré, à quelques jours de la reprise de la discussion du projet de loi sur les droits d’auteur ; il a plaidé contre la licence globale : « C’est comme si l’on rentrait dans une boulangerie et que l’on raflait tout sans payer ».
Fin 2007, il sort un album de chansons paillardes intitulé Le Plaisir des Dieux (du nom de l’Association des salles de gardes). Il écrit : « Il y a des lustres que je rêvais d’avoir le temps d’enregistrer un jour ces chansons de salle de garde. » Il interprète, et parfois réécrit, certaines de ces chansons comme l’avait fait Georges Brassens. Il participe au Comité d'orientation pour la simplification du langage administratif (COSLA). Il fait également partie du Conseil supérieur de la langue française depuis sa création en 1989 mandat renouvelé en 1993, 1999, 2003.
Le ton principal des chansons de Perret est un ton enjoué, typique du music-hall. Certaines appartiennent également à la tradition des chansons paillardes, où l’on parle de la sexualité de façon indirecte et gaie. Par exemple Le Zizi raconte un cours d’éducation sexuelle à l’école primaire.
Ses livres
- 1972 : Adieu Monsieur Leautaud, Julliard
- 1985 : Le Petit Perret illustré par l’exemple (dictionnaire de l’argot)
- 1991 : Le Petit Perret des Fables (Tome1:1990-T2:1991-T3:1992)
- 1992 : Laissez chanter le petit (biographie)
- 1993 : Les Grandes Pointures de l'histoire
- 1994 : Le Petit Perret gourmand (cuisine)
- 1996 : La Cuisine de ma femme
- 1997 : Les Pensées (éditions Le cherche midi, et J’ai Lu (poche))
- 2000 : Anthologie de la poésie érotique
- 2002 : Larousse insolite (dictionnaire en images)
- 2003 : Le Parler des métiers (vocabulaire de 145 professions)
- 2005 : Le Café du Pont (biographie)
- 2007 : Les Petits Métiers d’Atget à Willy Ronis, éditions Hoëbeke
- 2007 : Le Perret gourmand, éditions Le cherche midi.
- 2008 : A capella, éditions Le cherche midi.
Préface
- 2006 : Journal littéraire, par Paul Léautaud (choix de pages).
Filmographie
- 1959 : Les Étoiles de midi de Jacques Ertaud et Marcel Ichac
- 1969 : Les Patates de Claude Autant-Lara
- 1971 : Le Juge de Jean Girault
Son film d'animation
- 1989-1991 : Les Fables géométriques, série éditée par la défunte société Fantôme (voir Georges Lacroix) qui a fait le pari de 'réinventer' le bestiaire de Jean de La Fontaine et de lui donner des formes géométriques, insolites et drôles
Anecdote
Pierre Perret a assuré la première partie du premier concert des Rolling Stones en France dans les années 1960. Ce concert s'est bien déroulé malgré les différences évidentes de style entre les artistes. À ses débuts, il fut longtemps comparé à Georges Brassens ; ce qui avait pour don de l'agacer.
Pour notre part, il est l'inoubliable auteur de "Je suis de Castelsarrasin" qui pourrait être l'hymne du Tarn et Garonne et qui nous rappelle tant de souvenirs :
Je suis de Castelsarrasin
Y a du tabac y a du raisin
C’est pas du Havane il s’en faut
Et le vin c’est pas du bordeaux
Mais les gens y sont accueillants
Et j’en connais de bien vaillants
Qui ne se payaient pas souvent
Le luxe d’avoir mal aux dents
Une seule fois en dix années
On est allés se promener
Durant quinze jours de beaux temps
Sur les plages de l’océan
Avec les matelas pneumatiques
La tente et les trucs à moustiques
La camionnette en pouvait plus
Mais on chantait comme des perdus
On plantait la toile n’importe ou
Dans les dunes de sable doux
On évitait les plages de riches
Qu’on appelait pas encore les beach’s
Dans les bois de pin résineux
On faisait bien attention au feu
On allait pas au restaurant
On mangeait le pâté de maman
Mon p’tit frère était bien mignon
Mais y piquait tous les brugnons
Au dessert pour se faire pardonner
Il chantait mes jeunes années
Au lieu de nous chasser de là
On nous offrait du ratafia
Pour remercier le proprio
Le soir je jouais du saxo
Je suis de Castelsarrasin
Et du patois je m’en souviens
Les paysans disaient le jeudi
" Bôou al mercat à Sarrasi "
Et l’été quand le soleil donne
J’allais me baigner à Garonne
Mémé disait Moun diou pitchou
Té bas nega fas attentiou
Moi sur mon vélo fou de joie
J’allais voir la petite Emma
Ses petits seins en presse-boutons
Qui me faisaient grosse impression
Ces êtres au cœur si bien bâti
Qui m’ont fait regarder la vie
Qu’ils tiraient à hue et à dia
S’appellent Maurice et Claudia
Copyright partiel wikipedia, photos site www.pierreperret.fr
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