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LA CANOURGUE - LOZERE (48500)

LAURENT CAPLAT L'EPICERIE FINE DU WEB

Si on lui avait dit, alors qu'il préparait un Master à New-York, qu'il finirait épicier à La Canourgue en Lozère, comme son arrière grand-mère, Laurent Caplat ne l'aurait pas cru.

Et pourtant, c'est bien ce qui s'est produit. Mais avec une différence de taille. Alors que la petite épicerie familiale ne regardait guère plus loin que la place du village sur laquelle elle était installée, celle de ce jeune commerçant contemple le vaste monde. La révolution Internet est passée par là et ça change tout.

Ses racines sont profondément ancrées en Lozère. Même s'il n'y a que très peu vécu. Tout juste le temps des vacances. Car, comme beaucoup, les parents de Laurent Caplat, 34 ans aujourd'hui, ont dû quitter leur département d'origine pour travailler.

"Ma mère était institutrice. Mon père, lui, était ingénieur EDF et nous a fait sillonner la France de Paris à Toulouse en passant par Lyon, Narbonne, Carcassonne… pour occuper différents postes" se souvient-il.

Du coup, ses années collège et lycée se passent à Bédarieux. Le bac en poche, il prépare Maths Sup puis Maths Spé à Toulouse avant d'intégrer l'école nationale d'ingénieurs des TP à Lyon. "Le choix de cette école, à la sortie de Maths Spé, n'est pas tout à fait anodin. J'aurais pu aller vers des formations beaucoup plus scientifiques. J'ai préféré cette orientation parce qu'en plus du béton et des routes, on y parlait aussi d'urbanisme, de développement durable. Ça correspondait mieux à mon côté un peu idéaliste."

Parti, en 1996, terminer sa dernière année à New-York pour y préparer un Master axé sur la fonction de management, Laurent Caplat y découvre qu'Internet fait largement partie de la vie de l'Américain moyen, aussi bien privée que professionnelle.

"À Lyon, nous n'avions que trois postes pour 800 étudiants. C'est dire le décalage, mais j'étais un des utilisateurs les plus assidus. Très vite passionné par cette nouvelle technologie, j'avais mis à profit l'opportunité qui m'était offerte pour créer une web agency."

De retour en France, il va d'abord travailler deux années à Toulouse en tant que chargé de mission à la préfecture de Région, puis rentre au ministère de l'Environnement où il restera trois ans, de 1998 à 2001, avec pour tâche d'aider les pays méditerranéens qui en font la demande à muscler leur politique environnementale.

Mais malgré ces occupations intenses, une question le taraude : pourquoi les jeunes de La Canourgue continuent-ils, à la fin des années 90, à tout ignorer d'Internet ?

"Avec quelques amis, nous avons décidé de créer un club informatique, sous la forme d'une association, afin que tout le monde puisse s'approprier l'outil." L'idée des cybercafés vient de naître. En Lozère, qui plus est. Les choses auraient pu s'arrêter là. Sauf qu'il n'y a pas que les jeunes du village pour s'intéresser au web.

Les producteurs locaux commencent aussi à lorgner vers cette drôle de lucarne ouverte sur le monde dans laquelle ils voient tout de suite une formidable vitrine pour élargir leur clientèle.  

"A ce moment-là, la vente sur Internet nous semblait prématurée. Mais nous voulions bien les aider à défricher cette idée afin de leur permettre d'être prêts au moment du grand démarrage." Très intéressés, mais encore plus frileux, ces producteurs ont du mal à sauter le pas.

Le projet piétine jusqu'à ce que Laurent Caplat et ses amis prennent les choses en main. "J'étais venu avec l'idée de lancer ça, en ne travaillant plus durant quelques mois qu'à 60 % de mon temps au ministère, puis repartir.

Mais, en fait, rien ne se passe jamais comme prévu" ajoute ce jeune créateur pour qui une rencontre majeure va décider de la suite, alors qu'il vient de fonder sa société avec toutes les difficultés que cela sous-entend.

"Si Luigi Gropallo, le co-fondateur d'alapage.com et ancien directeur de la fnac.com, ne nous avait pas contactés pour nous dire qu'il avait envie de créer une épicerie fine en ligne, et que c'est avec nous qu'il voulait le faire, nous n'en serions sûrement pas là. En nous apportant ses compétences, un réseau et des moyens, il a donné plus d'ambition à notre aventure mais aussi plus de solidité."

L'histoire de Bienmanger.com peut vraiment commencer. "Nous avions ouvert le site avec, pour démarrer, les seuls produits des fermiers des environs. Mais, très vite, on a envisagé d'élargir l'offre aux très nombreuses fabrications artisanales que l'on trouve un peu partout en France et même ailleurs dans le monde."

Laurent Caplat, quitte alors définitivement le ministère de l'Environnement pour s'installer à demeure en Lozère, et entame avec son associé, Vincent Lacas, un tour de France des foires et salons dédiés à l'alimentaire.

Tous deux consultent aussi la presse spécialisée, récupèrent de la documentation officielle auprès des organismes, classent les produits par thème et par région, commandent des échantillons, font des dégustations…

"Dès le départ, nous ne nous sommes intéressés qu'aux petits producteurs emblématiques d'un savoir-faire, en faisant très attention à la composition de leurs produits que nous voulions naturels et bons."

Cette exigence de qualité permet au site lozérien, véritable défenseur du bien manger, de se faire rapidement une place sur le web. Les commandes ffluent et les références augmentent.

Si, au début, il fallait convaincre les producteurs de confier leurs produits pour les vendre en ligne, la société reçoit désormais deux à trois demandes par jour pour figurer sur le site.

"Nous sommes passés de quelques dizaines de produits à plus de 2 000 aujourd'hui" précise ce chef d'entreprise qui a dû investir 300 000 € dans la construction d'un bâtiment de 500 m2 sur une zone d'activité de La Canourgue pour stocker les produits prêts à être expédiés et que les clients français reçoivent dans les 72 heures.

"Nous réceptionnons tous les jours entre 50 et 300 commandes, selon la période, dont 75 % émanent de France, près de 25 % d'Europe et une infime partie du reste du monde.

" En tout une quinzaine de personnes travaillent sur le site, une première moitié se consacrant essentiellement à la réception des commandes et à l'expédition des colis.

Quant à l'autre, elle partage également son temps avec l'agence web créée dès le lancement du site pour se donner les moyens, en vendant des prestations, de le développer et dont le succès auprès des CCI, des comités de tourisme, de nombreuses villes de la région, justifie pleinement son maintien.

C'est une équipe jeune -l'âge moyen est de 27/28 ans- composée de Lozériens pure souche, et de personnes venues d'ailleurs dont une du Mexique, pour le management de laquelle Laurent Caplat adopte un style assez éloigné des standards habituels. "On n'oublie pas qu'on est en Lozère. On ne pressure pas les gens. On fixe des objectifs et on les laisse exprimer leurs compétences" précise ce dirigeant qui vient de signer un accord d'intéressement.

De quoi satisfaire un peu plus des salariés dotés d'une belle qualité de vie, réduire encore le très faible turn over (seulement deux départs en cinq ans), et permettre à Bienmanger.com de poursuivre sa marche en avant.

Déjà primée plusieurs fois au niveau national, cette société est la preuve que l'on peut parfaitement réussir aujourd'hui en Lozère et s'y installer durablement. "Nous n'avons pas fini d'évoluer. Pour continuer à mériter de bonnes critiques, il nous faut développer de nouvelles choses. Nous y travaillons ", assure Laurent Caplat qui commence à consacrer un peu de son temps à autre chose qu'à son entreprise. Ce qui lui permet de savourer pleinement la quiétude lozérienne. Un vrai luxe
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www.bienmanger.com

Contact :
LAURENT CAPLAT L'EPICERIE FINE DU WEB
Le Moulin
48500 LA CANOURGUE
Tél. : 04 66 32 90 80
Fax : 04 66 32 78 53
Port. : 06 73 47 79 04
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