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MILLAU - AVEYRON (12)

JEAN VIGO CINEASTE

Il y a un Lycée Jean VIGO de Millau, son passage dans notre ville fut déterminant pour son oeuvre.

Jean Vigo naquit le 26 avril 1905, dans une petite mansarde sale où régnait la misère. "Nono", comme l’appelaient les anarchistes, amis de ses parents, eut une enfance tumultueuse et désordonnée, ballotté qu’il était à toute heure du jour et de la nuit, de réunions en meetings.

Le malheur et la maladie poursuivaient la famille Vigo. Son père dont les positions à propos de la guerre avaient oscillé entre pacifisme et patriotisme, fut emprisonné à Fresnes, mourut le 14 avril 1917, dans des circonstances fort mal élucidées.

Le jeune garçon adorait son père, qui a toujours vu en lui le héros d’une noble cause. L’enfant que sa mère n’a pas les moyens d’élever, part vivre chez ses grands-parents puis à Nîmes en pension chez les Ducros afin de poursuivre sa scolarité.

Jean Vigo, profondément perturbé tombe alors gravement malade.

Sur les conseils d’un médecin, il quitte Nîmes pour Millau où il devra vivre en dissimulant sa véritable identité par précaution, en raison des engagements politiques de son père et c’est sous le nom de Jean Salles qu’il fut inscrit au Collège de Millau.

Les 4 années (1918-1922) au cours desquelles Jean Vigo fut élève à Millau, sont des années essentielles dans sa vie. Le souvenir de son père, la tristesse de l’internat se conjuguent pour faire grandir en lui la révolte et le cri dont il se souviendra dans "Zéro de conduite".

On peut donc considérer que le chef-d’oeuvre du futur cinéaste a pris corps peu à peu dans sa sensibilité écorchée d’orphelin. En fait, le collège de Millau ne devait être ni pire ni meilleur qu’un autre, mais il se trouve que c’est là que cet enfant de libertaire révolté et fragile a mûri.

Jean Vigo quitte Millau pour le lycée de Chartres en 1922. En 1925, il obtient son baccalauréat de philosophie, quitte Chartres, s’inscrit à la Sorbonne mais pense essentiellement à faire du cinéma, passion que semble lui avoir soufflé Gabriel Aubès.

Mais ce projet est remis à plus tard. Sa santé, encore défaillante, l’oblige à partir de Paris pour suivre un traitement à Font-Romeu. C’est là qu’il rencontre sa future femme, Lydu (Elisabeth Losinska) qu’il épouse le 24 janvier 1929 et avec qui il aura une fille (Luce). Ils partent s’installer à Nice où il n’obtient qu’un travail temporaire d’assistant-réalisateur.

Grâce à l’aide financière de son beau-père, Jean Vigo achète une caméra d’occasion et envisage la réalisation d’un court-métrage sur Nice. "A propos de Nice connut à Paris un succès d’estime, sans plus. "

Par la suite, il obtient deux commandes, l’une sur Jean Taris, champion de natation, l’autre sur le célèbre tennisman Henri Cochet. Seul, la première aboutira et pour un résultat médiocre. Il doit même revendre sa caméra. C’est dans ce contexte difficile que naît sa fille Luce le 30 juin 1931.

Sur le point de se décourager, Jean Vigo fait alors une rencontre décisive, celle de Jacques-Louis Nunez avec qui l’acteur René Lefèvre l’a mis en rapport. Cet homme d’affaires voulait se lancer dans la production cinématographique. Dès juillet 1932, les deux hommes sympathisèrent et retinrent deux idées : l’une de Nunez (la réalisation d’un moyen métrage sur la Camargue), l’autre de Jean Vigo (sur la vie d’enfants au collège). En novembre 1932, c’est finalement le projet de Jean Vigo qui est retenu : ce sera " Zéro de conduite".

Certes, il ne s’agissait pas d’une super-production. Le projet limité impliquait des acteurs peu connus - quatre acteurs professionnels seulement -. La durée du tournage en studio, imposée par Gaumont, n’était que de sept jours auxquels s’ajouteront cinq jours en extérieur. Mais Jean Vigo n’en était pas moins très heureux de pouvoir enfin tourner un film et de surcroît sur un sujet qui lui tenait à coeur : cette vie d’enfant au collège était d’abord la sienne.

Le tournage commence le 12 décembre 1932 mais la malchance poursuit Jean Vigo : la censure frappe "Zéro de conduite" d’une interdiction totale qui ne sera levée qu’après la 2e guerre mondiale. Deux ans plus tard, "L’Atalante" fut réalisée dans de meilleures conditions que "Zéro de conduite" mais Jean Vigo était déjà très malade et ne put assister qu’à une projection du premier montage.

Atteint de septicémie, il mourut dans de terribles souffrances le 5 octobre 1934. Il fut enterré au cimetière de Bagneux, à coté de son père Almereyda. Il n’avait que 29 ans. Un lycée important porte son nom désormais à Millau.

Le ' Prix Jean Vigo' est décerné depuis 1951.

Il est attribué à "un réalisateur français distingué pour son indépendance d'esprit et son originalité de style" , en pratique ce ne sont pas les qualités formelles du film qui sont primés, mais la portée sociale et humaine de la réalisation. Les jeunes réalisateurs sont souvent distingués par ce prix.
De 1951 à 1960 le film récompensé était soit un court métrage soit un long métrage. Depuis 1960 un prix est attribué dans chacune des catégories, sauf exception.

Le palmarès du prix Jean Vigo

  • 1951 : La Montagne est verte (court métrage), de Jean Leherissey
  • 1952 : La grande Vie , de Henri Schneider
  • 1953 : Crin blanc (court métrage), de Albert Lamorisse
  • 1954 : Les statues meurent aussi (court métrage), d' Alain Resnais
  • 1955 : Zola (court métrage), de Jean Vidal
  • 1956 : Nuit et brouillard (court métrage), d' Alain Resnais
  • 1957 : Léon la lune (court métrage), d'Alain Jessua
  • 1958 : Les Femmes de Stermetz (court métrage), de Louis Grospierre
  • 1959 : Le beau Serge, de Claude Chabrol
  • 1960 : À bout de souffle , de Jean-Luc Godard
  • 1961 : La Peau et les os, de Jean-Paul Sassy et Jacques Panuel
  • 1962 : La guerre des boutons, d'Yves Robert
  • 1963 : Mourir à Madrid, de Frédéric Rossif
  • 1964 : La_Belle_Vie de Robert Enrico
  • 1965 : (court métrage seulement)
  • 1966 : "La Noire de..." de Sembene Ousmane
  • 1967 : Qui êtes-vous Polly Maggoo ? de William Klein
  • 1968 : O Salto, de Christian de Chalonge
  • 1969 : L'Enfance nue, de Maurice Pialat
  • 1970 : Hoa Binh, de Raoul Coutard
  • 1971 : Remparts d'argile, de Jean-Louis Bertucelli
  • 1972 : Continental Circus, de Jérôme Laperroussaz
  • 1973 : Absences répétées, de Guy Gilles
  • 1974 : Un homme qui dort, de Bernard Queyssanne et Georges Pérec
  • 1975 : Histoire de Paul, de René Feret
  • 1976 : L'Affiche rouge, de Frank Cassenti
  • 1977 : Paradiso, de Christian Bricout
  • 1978 : Bako-l'autre rive, de Jacques Champreux
  • 1979 : Certaines nouvelles, de Jacques Davila
  • 1980 : Ma blonde, entends-tu dans la ville ? de René Gilson
  • 1981 : Le Jardinier, de Jean-Pierre Sentier
  • 1982 : L'Enfant secret, de Philippe Garrel
  • 1984 : Vive la sociale, de Gérard Mordillat
  • 1985 : Le Thé au harem d'Archimède, de Medhi Charef
  • 1986 : Maine-Océan, de Jacques Rozier
  • 1987 : Buisson ardent, de Laurent Perrin
  • 1988 : La Comédie du travail, de Luc Moullet
  • 1989 : Chine, ma douleur; de Sijie Daï
  • 1990 : Mona et moi, de Patrick Grandperret
  • 1991 : Le Brasier, de Eric Barbier
  • 1992 : Paris s'éveille, d'Olivier Assayas
  • 1993 : Les histoires d'amour finissent mal... en général, d' Anne Fontaine
  • 1994 : Trop de bonheur, de Cédric Kahn
  • 1995 : N'oublie pas que tu vas mourir, de Xavier Beauvois
  • 1996 : Encore, de Pascal Bonitzer
  • 1997 : La Vie de Jésus de Bruno Dumont
  • 1998 : Dis-moi que je rêve, de Claude Mourieras
  • 1999 : La vie ne me fait pas peur, de Noémie Lvoski
  • 2000 : Saint-Cyr, de Patricia Mazuy
    ex-aequo: De l'histoire ancienne, d'Orso Miret
  • 2001 : Candidature, de Emmanuel Bourdieu
    ex-aequo: Ce vieux rêve qui bouge, de Alain Guiraudie
  • 2002 : Royal Bonbon, de Charles Najman
  • 2003 : Toutes ces belles promesses, de Jean Paul Civeyrac
  • 2004 : Quand je serai star, de Patrick Mimouni
  • 2005 : Les Yeux clairs ,de Jérôme Bonnell
  • 2006 : Le Dernier des fous, de Laurent Achard
  • 2007 : La France de Serge Bozon
  • 2008 : Nulle part, terre promise de Emmanuel Finkiel

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