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PAMPELONNE - TARN (81)

JULIEN FABRE ECRIVAIN, HISTORIEN ET INDUSTRIEL

Lucien Siméon Fabre, né le 14 février 1889 à Pampelonne dans le Tarn en France, et mort le 26 novembre 1952 à Paris XVe, est un formidable industriel, un écrivain prestigieux lauréat du Prix Goncourt,

un historien renommé, un militaire hors pair titulaire de la Croix de Guerre, commandeur de la Légion d'honneur mais aussi l'auteur d'un ouvrage de vulgarisation sur la Théorie de la Relativité ! Bref une personnalité hors norme et un peu méconnue.

Lucien Fabre est un personnage important de la Troisième République, industriel et artiste, ami des poètes Paul Valéry et Léon-Paul Fargue, de Jean Jaurés et du violoniste Jacques Thibaud. Il est un homme d'affaires cosmopolite qui sillonne l'Europe d'avant-guerre dans son avion privé, quittant un conseil d'administration pour rejoindre un salon de littérateurs, ayant l'image d'un amateur cultivé qui sait être un homme d'affaires et intervenir dans des domaines très variés qui vont de la science (théories de la relativité) à la poésie en passant par le théâtre, le roman (prix Goncourt 1923), la théologie et l'art de l'ingénieur.

Ce bourgeois parisien fait un mariage doré en épousant une jeune femme issue d'une des familles les plus riches du Champ-de-Mars à Paris, ne perdant pas pour autant le contact avec ses racines languedociennes. Né près de Carmaux dans le Ségala tarnais, il garde toute sa vie une tendresse pour la vie paysanne qui berce son enfance. Plusieurs de ses livres restituent l'atmosphère et le caractère qui règnent dans cette terre austère et pauvre. C'est à Carmaux qu'il rencontre Jean Jaurès qui lui obtient une bourse pour préparer l'École centrale où il entre en 1908.

Il garde toute sa vie des liens d’affection et de conviction avec les cercles socialistes - il adhère à la SFIO en 1931 (il est le candidat de ce parti aux élections législatives de 1932 à Limoux face à Jean Bousgarbiès) -, notamment avec Léon Blum. Son attachement à son terroir et la façon dont il marie la langue d'oc de ses origines avec la langue française, dominante à l'époque, en fait un régionaliste évitant le folklorisme naïf. Il combine l'écriture de textes de poésie inspirés de son maitre Paul Valéry (qui lui avait dédié La Dormeuse, un de ses poèmes les plus connus), de traités de science et de théologie et des romans où il dépeint son Languedoc natal.

Carrière

Lucien Fabre est engagé volontaire pour cinq ans comme sous-lieutenant au 52e régiment d'artillerie (1909-1914). Grièvement blessé aux deux jambes en 1914, il est cité à l'ordre de l'armée, décoré de la Croix de guerre avec palme de bronze et de la Légion d'honneur pour faits de guerre en 1915. Il est promu lieutenant et mis hors cadre en 1917 pour blessures de guerre, puis nommé officier honoraire en 1918. De 1916 à 1919, Lucien Fabre est chargé de missions pour le ministère de l'Armement (chef des travaux pour la construction de la poudrerie de Saint-Médard, des installations d'acide nitrique synthétique, des voies ferrées et organisation des tourbières du Finistère, organisation de la fabrication des pièces de moteurs d'avions dans les petits ateliers de France).

Après la guerre il est successivement administrateur de la compagnie de chemins de fer armoricains, directeur de la société Ponta, secrétaire-général de Lorraine-Dietrich et administrateur délégué de la société d'industrie aéronautique roumaine (1924-1930). Il est promu officier de la Légion d'honneur en 1933. Président-directeur général des établissements Multiplex, il est président de Pathé-Cinéma à la suite d’Émile Pathé (1937). Membre du Comité de la Société des gens de lettres, il en devient le vice-président en 1948. Lucien Fabre est promu commandeur dans l'ordre national de la Légion d'honneur et reçoit ses insignes le 18 mars 1952 des mains de Vincent Auriol, président de la République.
Inventions scientifiques

Dans le cadre de sa mission d'officier pendant la Première Guerre mondiale, on lui doit un certain nombre d'inventions scientifiques :

    Formules de tir d'artillerie adaptées à la guerre.
    Formes de résistance aux châteaux d'eau, appliquées aux constructions de l’État.
    Formes de stabilité pour construire sur la vase, appliquées par les services publics à l’entrepôt du port de Bordeaux.
    Formes de carène optima pour hydroglisseurs, adaptées par les ministères de la guerre français et alliés.
    Perfectionnement aux machines-outils, organes et moteurs d'avion.
    Gazogènes avec ou sans compresseur.

A l'exception du gazogène, Lucien Fabre à livré à l’État l’ensemble de ces inventions.

Publications

    1920 : Connaissance de la déesse, préface de Paul Valéry. En frontispice, portrait de l'auteur par Édouard Vuillard gravé sur bois par G. Aubert, collection Une Œuvre, un Portrait, Gallimard (poésie).
    1921 : Les Théories d'Einstein : une nouvelle figure du monde ; préface. de M. Einstein, description matérielle, Paris, Payot, 242 p. ; et nouvelle édition épurée, accrue de notes liminaires et de trois notes de MM. Guillaume, Brillouin et Sagnac sur leurs propres idées, Paris, Payot, 256 p.
    1923 : Vanikoro. En frontispice, portrait de l'auteur par Foujita, collection Une Œuvre, un Portrait, Gallimard (poésie).
    1923 : Rabevel ou le mal des ardents, trois volumes, collection blanche, Gallimard (roman).
    Ouvrage couronné par l'Académie Goncourt.
    1924 : Bassesse de Venise, précédé de La Traversée de l'Europe en avion et de, Le légat. En frontispice, portrait de l'auteur par Man Ray gravé sur bois par G. Aubert, collection Une Œuvre, un Portrait, Gallimard (essai).
    1925 : Le Tarramagnou, collection blanche, Gallimard (roman).
    1925 : La démarche intellectuelle de Paul Valéry, Gallimard.
    1926 : La science et les origines de l'homme, A La Lampe d'Aladdin.
    1927 : Essai sur le génie de Copernic, Marcelle Lesage éditeur.
    1928 : Georges Ravène. Défense de Venise', colloque avec M. Lucien Fabre, éditions Bossard.
    1929 : Le Rire et les rieurs, collection blanche, Gallimard (essai).
    1931 : Le Paradis des amants, collection blanche, Gallimard (roman).
    1932 : La France travaille : Aux sources de l'énergie, Horizons de France.
    1934 : La France travaille : Journaux, bibliothèques, laboratoires, Horizons de France.
    1934 : : Le Ciel de l'oiseleur, Gallimard (essai).
    1945 : Tristan et Yseult, Nagel.
    1946 : On vous interrogera sur l'amour, Domat.
    1946 : Dieu est innocent, préface de Paul Valéry, Nagel (théâtre).
    1948 : Jeanne d'Arc, Tallandier.
    Ouvrage couronné par l'Académie française.
    1950 : Mahaut, Hachette.
    1951 : saint Augustin, Hachette.

Science

Lucien Fabre publie en 1921 un ouvrage de vulgarisation scientifique, intitulé Les théories d'Einstein : une nouvelle figure du monde. Ce livre, parmi les premiers en langue française sur la relativité, présente les découvertes du physicien.

Théâtre

    1942 : Dieu est innocent, mise en scène Marcel Herrand, Théâtre des Mathurins.

Diplôme

    1910 : Ingénieur des Arts et manufactures (École centrale de Paris).

Distinctions

Prix

    1923 : Prix Goncourt - Rabevel ou le Mal des ardents.
    1948 : Grand Prix d'Histoire de l'Académie française - Jeanne d'Arc.

Décorations

   Croix de guerre 1914-1918 avec palme de bronze (1915).
    Legion Honneur Commandeur dans l'ordre national de la Légion d'honneur (décret du 19 février 1952) Legion Honneur Officier (décret du 13 juillet 1933) Chevalier (décret du 29 octobre 1915).

Bibliographie

    Lucien Fabre 1889-1952. Homme de sciences et de lettres & les siens, in Revue du Tarn, n° 228, décembre 2012. Contributions de Jòrdi Blanc, Jacques Fabre (neveu de Lucien Fabre) et Alexandre Moatti.

Source

    Dossier de Légion d'honneur de Lucien Fabre aux Archives nationales, base de données Léonore : cote 19800035/140/17790, notice n° c-303360.

Source Vivreaupays : wikipedia

 

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