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LA DESESPERANCE DES GILETS JAUNES

janv. 28

Rédigé par
lundi 28 janvier 2019  RssIcon

Je ne vais pas revenir sur mon édito du 5 décembre. Il m'a valu plusieurs milliers de lectures, plusieurs centaines de messages amicaux et de soutien, mais aussi très peu de messages agressifs, c'est rassurant. Il a été repris sur différents supports, ce qui est flatteur et j'ai pu échangé avec des élus fiables.

Je ne le remets pas en cause mais rétroactivement, il me semble manqué un peu d'humanité et d'empathie. C'est sans doute la violence des GJ, leurs menaces contre nos petites entreprises et commerces, et leurs raisonnements quelquefois sommaires qui ont provoqué ma réaction.

Je me suis sincérement posé la question de l'origine de leur soutien dans la population malgré justement ces violences du samedi. Alors, c'est vrai que c'est une partie de la population qui n'a jamais défilé ni parasité notre fonctionnement comme le font quelquefois les syndicats de la Fonction Publique, mais quand même. La Maire de Montauban, lors de son contact avec Macron à Souillac, les a qualifié de "pauvres gens", pas d'accord, c'est très négatif et humiliant.

Pour autant, je crois que l'on peut réellement parler de désespérance dans le véritable sens du terme qui est, d'après le dictionnaire, "l'état d'une âme qui tombe dans un découragement profond, un accablement propre à celui qui a perdu toute espérance", ce terme est important "celui qui a perdu toute espérance".

Il nous faut donc comprendre cette désespérance sociale pour pouvoir y remédier. Elle est principalement financière, mais aussi humaine avec un écartement volontaire de cette population de notre vie en société. Je précise "volontaire" parce que l'on retrouve dans ces GJ des gens qui ne votent plus depuis un bout de temps, qui ne militent pas non plus. Cette désespérance se traduit également souvent par une solitude profonde, une marginalisation progressive. Nous aurions dû nous en rendre compte avant et ne pas l'accepter. 

Mettons-nous un peu à leur place. Avoir 30 ans, ou 50 ou 70 et voir ses quelques revenus grattés ici et là et tous ses petits plaisirs s'éloigner petit à petit, toutes les joies de la vie disparaitrent.

Regardons ces petits plaisirs que l'on a conscencieusement supprimer toujours pour de bonnes raisons : l'alcool interdit, nuisible pour la santé, idem pour la clope, idem aujourd'hui pour la voiture qui est un instrument fondamental de liberté pour tous. Nous avons tous des véhicules anciens d'une vingtaine ou d'une trentaine d'années qui ne nous coûtent rien ou si peu, et que l'on nous demande de supprimer, et je ne parle pas des radars qui nous donnent l'impression d'avoir "big brother" au dessus qui veut nous enfoncer. Et ce n'est pas tout, il y a aussi les petits plaisirs quotidiens qui nous faisaient paraitre la vie plus agréable : rencontrer des gens (où chez Leclerc ?), pouvoir échanger des mots aimables, voir des matchs de foot (impossible tout est payant), aller boire un coup avec les copains (impossible, il n'y a plus de troquets ou si peu). Si vous ajoutez à cela les emmerdements que subissent nos gosses dans leur vie professionnelle et la compagne qui n'a plus envie de vous sourire, avouez quand même qu'il est normal que le taux de suicide progresse un peu partout...

Alors, il faut remettre tous ces gens en contact avec nous. Ce n'est pas simplement un problème d'argent, c'est un problème de relations humaines. Ils sont sortis de notre monde, et ils veulent nous sortir du leur. Il faut les remettre à coté de nous et leur donner du moral. Il faut "changer la vie" pour tous ces gens, pour tous ces gens comme le disait le PS en 77 ! C'est simple, ils sont chez eux ici, égaux avec nous, avec les mêmes droits.

METTRE EN PLACE DES CARTES CIVIQUES

Je vais vous expliquer un truc complètement utopique mais il faudrait quand même y réfléchir.
J'ai toujours été partisan que tout le monde paye l'impôt sur le revenu. Oui, c'est choquant, mais ce serait un montant forfaitaire par exemple de 100€ à payer par tous (à défaut de la taxe d'habitation) mais dont on pourrait en déduire, pour les non imposables, tous les actes civiques réalisés au cours de l'année.

Comprenez bien, tout individu majeur recevrait en début d'année, de la part des collectivités locales, une carte civique pour lui permettre de bénéficier des services gratuits de notre Etat. Au fur et à mesure de l'avancement de l'année, il pourrait en être déduit, pour les non imposables, les actes civiques du citoyen. Alors bien sur, en premier lieu les votes, puisque cette carte remplacerait également la carte d'électeur mais aussi quantité d'actions civiques réalisés volontairement par le citoyen au fur et à mesure de l'année. En fin d'année, on fait le point. 2 actions civiques ou 2 votes et le coût de la carte "civique" est effacé. Ces actions civiques pourraient même venir en déduction d'amendes collectées ici ou là. L'informatique permet beaucoup de choses dorénavant.

Alors, quoi comme action civique ? Toutes celles que pourront proposer ces mêmes collectivités à partir de leurs besoins, mais aussi l'inscription à des cours de formation pour s'améliorer, donner soi-même des cours, la participation à des manifestations publiques pour aider à la manutention, ou apporter son appui intellectuel dans des travaux, pour aider d'autres personnes, des enfants, des handicapés, etc.... Les sujets ne manquent pas. Ils seraient proposés par les cartes jaunes eux-même, ou n'importe quel citoyen qui remarquerait un besoin non couvert dans sa commune.

Cette "carte civique" donnerait également accés à un coût réduit à des manifestations culturelles, et même à des services marchands avec des réductions.

Ces gens seraient ainsi à nouveau intégrés dans notre voisinage et pourraient recréer du lien social. Au lieu d'un symbole négatif (le GJ), la carte "civique" deviendrait un signe d'ouverture à l'autre, à l'appartenance à "son coin" mais aussi au fonctionnement de nos collectivités.

Je l'ai dit, c'est totalement utopique mais on est vraiment dans la mélasse... C'est l'idée de base, il faut chercher les effets pervers et comment bien préparer. Je n'ai jamais dit que je savais tout.


Courage travaillons.
 
le 28 janvier 2019
 
Didier Couplet

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