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GILETS JAUNES : L'AVIS DU SENATEUR PHILIPPE BONNECARRERE

déc. 21

Rédigé par
vendredi 21 décembre 2018  RssIcon

Notre sénateur du Tarn, Philippe Bonnecarrère, est une grande personnalité d'Albi et du Tarn. Il nous livre dans sa dernière newsletter son avis sur le mouvement des gilets jaunes. C'est lucide, non partisan et très instructif :

"Le mouvement des gilets jaunes a été le révélateur d'une crise ancienne. Comment en sortir ? Beaucoup de remise en question et d'humilité, un sentiment collectif d'appartenance à reconstituer. Ne perdons pas le sens du progrès, de notre Histoire, de son continuum, surtout quelques jours après les célébrations du centenaire.

Les témoignages des nombreuses femmes présentes sur les ronds-points, souvent seules avec un ou deux enfants à élever, d'hommes jeunes en décrochage, de retraités qui ont le sentiment de ne plus y arriver... racontent une histoire de solitude, l'histoire des classes moyennes qui ont le sentiment de ne plus avoir leur place dans une société mondialisée.

L'ouvrage récent de Christophe Guilluy, analyste des fractures territoriales, « No Society » m'a beaucoup marqué. L'auteur explique que les "classes dominantes" ne se reconnaissent plus de responsabilité vis-à-vis des perdants de la mondialisation.

La base d'une société est la conscience que chacun de nous a besoin des autres pour fonctionner. En politique, le "fait d'aimer les gens" est essentiel, nourrit cette conscience du collectif et par la même une confiance.

Pour une fois, je voudrais me dégager de la technique, des annonces du Président de la République, même si elles pèsent plus de 10 milliards d'euros, du niveau de dette... Le Président de la République doit bouger les lignes et le grand débat national peut nous aider à sortir d'une affection nationale à l'indiscipline, à la dépense de ce que nous n'avons pas, à l'idée absurde que les choses ne changent que si l'on "casse".

La démocratie participative doit compléter la démocratie représentative sans s'y substituer. Les institutions sont mises en cause. Et l'exemple doit venir d'en haut. Même injuste, la question du nombre de parlementaires en est l'un des symboles et nous devrons accepter de voter la réduction. La révision constitutionnelle sera peut- être le moment où nous réussirons ou pas l'évolution de notre gouvernance, de notre mode de représentation du peuple.

Oui, notre pays a un problème de pouvoir d'achat mais il a surtout un problème de collectif, une ambition nationale à partager sans tomber dans l'aventure ou les excès.

Regardons autour de nous: le terrorisme est là, les Gouvernements en perdition (Belgique, Royaume-Uni...), les démocraties en difficulté (Europe de l'Est), l'imprévisible au pouvoir (USA...), les régimes autoritaires en pleine progression.

Ce n'est pas le moment de baisser les bras mais bien pour tous les « modérés », les « raisonnables », les personnes à qui l'expérience a montré que les réponses aux questions complexes ne sont jamais simplistes, celui de se retrousser les manches collectivement."


 

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