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REDONNER TOUTE SA PLACE A L'APPRENTISSAGE

juil. 23

Rédigé par
jeudi 23 juillet 2015  RssIcon

Salima Saa est Secrétaire nationale à l’apprentissage - Les Républicains, elle a publié ce point de vue dans les Echos.

"C’est le moment. Des dizaines de milliers de jeunes sont en recherche d’entreprise pour commencer leur cursus en apprentissage. En 2014, ils étaient 3 % de moins à avoir réussi dans leurs recherches par rapport à 2013. Pourtant, la croissance du chômage des jeunes est alarmante et ne se dément pas. L’apprentissage est devenu un sujet politique, administratif et fiscal, alors qu’il est d’abord une réponse économique dont l’efficacité est prouvée.

On sait désormais que l’apprentissage constitue la solution la moins coûteuse de lutte contre le chômage des jeunes. Pour les finances publiques, le coût moyen d’un apprenti est de 8.300 euros, contre 12.750 pour un emploi aidé. La preuve par l’exemple à nos frontières est souvent citée : le système d’apprentissage en Allemagne démontre son efficacité tant pour les apprentis que pour les entreprises. Notre voisin ne compte que 8 % de chercheurs d’emploi entre 15 et 24 ans, contre 24 % pour nous. En Allemagne, les apprentis sont plus âgés et sont plus qualifiés, plus de 300 métiers ne sont accessibles que par la formation en apprentissage, les partenaires sociaux sont bien plus impliqués…

Améliorer vraiment la proportion d’apprentis en France ne relève pas, loin de là, que des entreprises. L’allègement des contraintes juridiques qui encadrent l’apprentissage serait un premier pas. Libérer la durée, réduire la complexité des clauses juridiques, faciliter la conclusion et la rupture du contrat… On pourrait s’interroger, à la manière de Robert Badinter et d’Antoine Lyon-Caen, sur les grands principes à retenir du droit de l’apprentissage, pour en renforcer la lisibilité et l’application par les entreprises. Le législateur pourrait décider d’une simplification suivie d’un moratoire législatif sur l’apprentissage pour en limiter l’instabilité et l’imprévisibilité.

Mais l’apprentissage souffre d’un déficit d’image flagrant. Il est trop souvent associé aux jeunes en échec scolaire. Ne nions pas qu’il représente une solution contre le décrochage scolaire et une alternative efficace pour les jeunes les moins bien adaptés à un cursus généraliste. Mais la communication sur l’apprentissage se limite souvent aux emplois peu qualifiés, oubliant que d’autres formations, comme certaines écoles de commerce, apportent aussi la possibilité de l’apprentissage. Seulement 60 % des parents considèrent que l’apprentissage a une valeur équivalente à un cursus classique.

Restaurer la confiance et la crédibilité économique de l’apprentissage relève d’une décision collective de l’ensemble des acteurs. La sphère publique pourrait agir en relevant les exigences requises pour les filières technologiques, et notamment le bac pro. Elle pourrait impulser la création de « grandes écoles » technologiques, incitant ainsi à créer le sentiment et la réalité d’une excellence technologique. Cette démarche contribuerait à un retournement des perceptions de toute la filière, dès le plus jeune âge des enfants.

Avant tout, la revalorisation de l’apprentissage passe par la décision de chaque chef d’entreprise. Près de 3 apprentis sur 4 sont embauchés dans les entreprises de moins de 50 personnes. Les TPE et les PME ont largement compris l’intérêt de l’apprentissage : association de la formation concrète et fondamentale, développement précoce du savoir-être en entreprise, longue période de familiarisation réciproque pour réduire les erreurs d’embauche, etc. Les très grandes entreprises ont développé, à force de lois, leurs capacités d’accueil et de formation des apprentis.

Mais entre les entreprises de moins de 50 personnes et les groupes du CAC 40 réside un formidable gisement de contrats d’apprentissage. Il est temps pour ces entreprises de taille intermédiaire de prendre conscience de la nature du contrat d’apprentissage et de s’engager à y recourir davantage. Certes, c’est une possibilité d’aide fiscale. Concrètement, c’est un moyen de réduire le coût et l’aléa des embauches. Mais, c’est surtout un investissement collectif dans la croissance économique et c’est une preuve de confiance attendue envers toute une génération."

 

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