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Les brèves de Vivreaupays.pro

LE POINT DE NOS PLACEMENTS FINANCIERS

juin 22

Rédigé par
samedi 22 juin 2013  RssIcon

Fin de semaine tumultueuse avec une chute des marchés européens de près de 5 %. Le CAC revient pratiquement à 0 % depuis le début de l'année. A l'origine, les déclarations du patron de la FED américaine, Ben Bernanke, assurant que ses capitaux seraient beaucoup moins présents sur les marchés. Des jours difficiles nous attendent donc sur les marchés boursiers et cela va sans doute être pire pour les marchés obligataires avec une remontée des taux qui se confirme. Voir l'article de Boursorama sur ces sujets.

On constate quand même que les Etats Unis sont toujours à + 13 % depuis le début de l'année, ce qui est toujours aussi anachronique et anormal pour ces fauteurs de troubles. A noter également le Japon à 27 % après des années de vaches maigres. Toujours par pays, de fortes inquiétudes autour de la situation des BRICS : Brésil, Turquie pour les révoltes en cours, l'effondrement de l'Afrique du Sud, et la situation économique de la Russie consécutive à la chûte du cours des matières premières.

En clair, c'est la baisse partout sauf pour les dettes. Des débats qui pourraient nous concerner autour des pertes de certaines banques, qui va payer ????  A priori, dans l'ordre : les actionnaires, puis les créanciers, puis les porteurs d'obligations, puis les déposants (en dernier). Méfiance.

L'inflation est toujours aussi basse, ce qui va entrainer une nouvelle baisse du taux du livret A sans doute à 1.25 % peut être moins, mais ça, c'était avant les déclarations de Bernanke.

Par secteurs, ce sont toujours les technos qui tirent les marchés à + 16 %, la santé à + 8 %,la déconfiture est pour les énergies - 6.6 % (effet schiste), les télécoms et les matériaux de base, les deux à - 13 %.

Par activités, ce sont l'aerospatiale et la défense à + 27 %, et les équipementiers autos + 13 % qui s'en tirent bien, tant mieux pour notre région.

Le bon score, ce mois-ci, est pour le fonds Echiquier Agenor que nous avons depuis l'origine (2004) à + 102 %, pas si mal en cette période de crise, et + 12 % depuis le début de l'année mais on ignore si la perte de cette fin de semaine est bien prise en compte.

Ce fonds est dédié (« stock-picking ») aux petites et moyennes valeurs de croissance européennes sélectionnées en particulier pour la qualité de leur management. Son gérant est Armand de Coussergues (à priori d'origine aveyronnaise avec son nom).  

Ci-dessous les performances annuelles de ce fonds :

2013      2012       2011        2010         2009          2008    
12.2 %    23.1 %    -27.9 %    36.3 %    56.4 %     -48 %

On ne parle pas d'avant 2008, c'était un autre siècle, mais le fonds a effacé la perte subie en 2008.

A lire l'édito mensuel de la Financière de l'Echiquier, "Je vous parle d'un temps..."

Les plus âgés d’entre nous, ceux qui ont connu les deux chocs pétroliers des années 1970 et des taux français à 10 ans supérieurs à 15%, regardent avec un œil amusé les débats ouverts par la Banque Centrale Européenne sur l’éventualité d’offrir aux banques un rendement négatif sur leurs dépôts à court terme.

Le temps où les rendements des taux longs et courts étaient alléchants n’est pourtant pas si vieux et les jeunes quinquas qui ont commencé à investir dans les années 1980, ont, eux aussi, connu des taux à deux chiffres.

Rappelons-nous qu’au milieu des années 1980, les taux longs européens étaient encore proches des 10%, marqués par le souvenir de l’inflation galopante des années 1970. Survint alors le terrible mois d’octobre 1987 : les actions baissaient, les taux montaient et franchissaient allègrement la barre des deux chiffres pour culminer en France à 13%. Mais l’accélération du mouvement et l’effondrement des actions du 19 octobre (le Dow Jones plonge alors de 22% en un jour) provoqua un phénomène nouveau avec des achats massifs d’obligations : le « flight to quality »* était né !

Un analyste « star » de chez Morgan Stanley, Stephen Roach, écrivit un papier resté célèbre, dans lequel il affirmait à ses lecteurs que, de leur vivant, ils ne reverraient pas des taux d’intérêt à deux chiffres. Ses clients de l’époque, pris dans la tourmente et nourris de 20 ans d’inflation avaient trouvé l’oracle bien téméraire… 26 ans plus tard, la courageuse prévision de cet analyste visionnaire s’est avérée particulièrement judicieuse : avec des taux longs américains à 2,5% et des taux allemands à 1,5%, les marchés ont même, sans doute, dépassé ses espérances.

Monsieur Roach dirait-il alors aujourd’hui que les plus bas niveaux récemment observés (1,2% pour le Bund allemand et 1,6% pour le taux américain) resteront à leur tour des points extrêmes, des curiosités historiques ? Pas si facile à affirmer en voyant le Japon qui vit avec des niveaux de taux compris entre 0,4% et 2% depuis 20 ans…

Pourtant, la réponse à cette question est essentielle pour l’avenir à court terme des marchés financiers car, comme le rappelle un bon vieil adage boursier, « quand tu t’interroges sur les actions, regarde ce que font les obligataires ».

Habitués à l’argent gratuit, les investisseurs se sont inquiétés récemment du passage des taux allemands de 1,2% à 1,6%. De mauvais souvenirs de 1994 : les emprunts d’Etat allemands et français avaient alors perdu 15% de leur valeur en six mois… Une chute brutale qui a traumatisé plus d’un détenteur d’obligations. En 1994, la FED avait entamé une remontée de ses taux courts au pas de charge avec six hausses en moins d’un an ! Rassurons-nous, pour l’année à venir au moins, nous sommes à l’abri d’un tel mouvement.

Prudents depuis quelques semaines, les obligataires achètent quand même massivement des dettes européennes périphériques, des obligations d’entreprises espagnoles ou italiennes: l’Europe mal-aimée de ces dernières années est devenue leur zone d’investissement favorite. En revanche, ils sont un peu plus exigeants sur les « meilleures » signatures, qu’elles soient celles de l’Etat allemand ou de l’Etat américain. Aujourd’hui, l’Allemagne emprunte (un peu) plus cher qu’à la fin de 2012, tandis qu’au contraire, les conditions d’emprunt pour l’Italie,  l’Espagne ou le Portugal se sont beaucoup améliorées.

En un mot, les obligataires nous disent, depuis quelques temps déjà, que l’euro va survivre… Mais, cette bonne nouvelle pour tous est assortie d’un message supplémentaire à travers les rendements des meilleurs élèves qui remontent : l’Europe ne va pas seulement survivre, elle va aussi s’adapter ! Les taux artificiellement bas vont se normaliser et l’Europe sortira de l’ornière déflationniste…

Acceptons-en l’augure obligataire et investissons en actions !

Didier LE MENESTREL
avec la complicité de Marc CRAQUELIN

Aller sur le site de la Financière de l'Echiquier

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